La proposition de la Commission européenne du 1er août visant à adapter le tracé du corridor maritime entre l’Irlande et l’UE en cas de Brexit sans accord « ne change pas le statut des ports français ni leur accès à des financements », a assuré, lundi 20 août, la commissaire aux Transports, Violeta Bulc.
Elle répond ainsi à une lettre du 10 août d’Élisabeth Borne, ministre française des Transports, dévoilée par le journal Le Monde, jugeant « inacceptable » le projet. Selon les autorités françaises, la nouvelle liaison favoriserait les ports néerlandais et belges, au détriment de ports français.
Le corridor mer du Nord-Méditerranée permet l’acheminement des biens irlandais via Liverpool et Londres, puis Calais et d’autres ports continentaux.
À l’avenir, les transporteurs voudront éviter la perte de temps et d’argent engendrée par les contrôles britanniques. La Commission, anticipant une absence d’accord entre l’UE et le Royaume-Uni sur le retrait britannique, propose de renforcer les liens entre Dublin et Cork, du côté irlandais, Anvers, Zeebrugge et Rotterdam, du côté continental.
Mme Borne estime que la proposition néglige l’intérêt manifesté par les ports français pour la mise en place de liaisons directes avec l’Irlande. Elle prône un lien direct Le Havre-Irlande et une meilleure prise en compte des échanges via Cherbourg, Brest et Roscoff. La ministre prône enfin un renforcement des échanges via Calais et Dunkerque.
La commissaire Bulc tente de rassurer en insistant sur le fait que la proposition ne vise que le court terme – d’ici à 2020 – et une éventuelle solution d’urgence pour sauver les importations et les exportations irlandaises après le 30 mars 2019, date programmée du Brexit.
« L’ajustement proposé ne change en rien la situation des ports français dans le corridor [Calais et Dunkerque] ou leur capacité à accéder à des financements européens dans le cadre du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe », souligne Mme Bulc.
Les installations françaises de la façade atlantique (Brest, Roscoff, Cherbourg) resteraient également éligibles à des projets dans le cadre d’un réseau central.
La commissaire européenne assure aussi qu’une demande française d’ajout d’une connexion Saint-Nazaire-Nantes-Tours au corridor Atlantique est retenue.
La proposition sur la table est soumise à l'approbation du Parlement et du Conseil. (Lionel Changeur)