La porte-parole du Service européen pour l’action extérieure a appelé toutes les parties au dialogue, lundi 20 août dans la soirée, après la décision de la Cour constitutionnelle malienne, plus tôt dans la journée, de déclarer Ibrahim Boubacar Keïta président du Mali.
« C'est dans ce moment important de la vie démocratique du pays que l'UE attend de tous les acteurs qu'ils œuvrent ensemble en faveur des intérêts de leur pays et de leur peuple », a-t-elle souligné dans un communiqué. Selon elle, il est important que le futur gouvernement malien continue « à approfondir son action en matière de paix et de réconciliation, de sécurité, de gouvernance et pour l’amélioration des conditions de vie de la population ». « Ces défis nécessitent plus que jamais un dialogue inclusif et constructif entre toutes les forces politiques et sociales du Mali », a prévenu la porte-parole, ajoutant qu’à cet effet, il était « urgent » d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.
La porte-parole a confirmé l’engagement de l’UE à demeurer le principal partenaire du Mali pour la stabilité et la prospérité du pays et félicité M. Keïta pour sa réélection.
Le 15 août, dans un autre communiqué, la porte-parole du SEAE avait estimé qu’avec les partenaires nationaux et internationaux, dont l’Union africaine, la CEDEAO et la MINUSMA, la mission d'observation électorale de l'UE avait joué un rôle important « dans le renforcement de la transparence du processus électoral dans un contexte sécuritaire (…) préoccupant ».
Selon la Cour constitutionnelle, le président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, a remporté l’élection présidentielle avec 67,16 % des suffrages au second tour, le 12 août, contre 32,84 % pour le candidat de l’opposition, Soumaïla Cissé. Le taux de participation n’a été que de 34,42 %. M. Keïta, 73 ans, entamera le 4 septembre un deuxième mandat de cinq ans. La Cour constitutionnelle a aussi rejeté toutes les requêtes introduites par M. Cissé, les jugeant irrecevables ou infondées par manque de preuves. Ce dernier a rejeté les résultats de l’élection et appelé ses partisans à « résister ». (Camille-Cerise Gessant)