Le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure a salué, vendredi 27 juillet, l’adoption de la loi organique de Bangsamoro par le Congrès des Philippines et sa signature subséquente par le président, Rodrigo Duterte.
Cette loi octroie l’autonomie à la région de Mindanao, habitée par une majorité musulmane, dans le sud du pays. Elle vise à former un gouvernement et une entité politique indépendante des musulmans à Bangsamoro, nouveau nom de Mindanao.
L’adoption au Parlement par 226 voix pour, 11 contre et 2 abstentions, et la signature du texte par M. Duterte « représentent une occasion pour le peuple philippin d'embrasser la paix et la stabilité après des décennies de conflits », a-t-il estimé dans un communiqué. Selon le porte-parole du SEAE, cette loi, qui intervient après 21 ans de pourparlers officiels après le premier accord de cessez-le-feu entre le gouvernement et le Front Moro de libération islamique, souligne « l'engagement des deux parties en faveur de la paix et leur capacité à s'attaquer à une variété de questions complexes par le biais d'une législation complète et inclusive ».
« Tous ceux qui ont participé à la négociation et à l'adoption de cette loi ont entrepris un travail important pour apporter stabilité et bien-être à la population de Mindanao », a ajouté le porte-parole. Un accord de paix avait été signé en 2014 (EUROPE 11050) à la suite de négociations menées par intermittence depuis 1996. Le conflit, qui a débuté en 1970, a fait plus de 150 000 morts.
Le porte-parole du SEAE a prévenu que l’UE, « fervente partisane » du processus de paix de Mindanao, était disposée à soutenir la mise en œuvre de la loi organique de Bangsamoro. (Camille-Cerise Gessant)