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Bulletin Quotidien Europe N° 12072
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Courte trêve dans les négociations du Brexit

L’UE n’est toujours pas convaincue par le plan douanier post-Brexit proposé par le Royaume-Uni. Les deux parties espèrent qu’après l’été, elles éviteront la rupture et sortiront de l’impasse. 

Les perspectives sont en tous cas meilleures qu’elles ne l’ont jamais été. Le ministre britannique chargé du Brexit, Dominic Raab, s’est déjà rendu deux fois à Bruxelles en deux semaines, soit plus que son prédécesseur David Davis ne l’a fait en six mois (EUROPE 12071, 12066). Les négociations connaissent une « nouvelle dynamique », selon un diplomate de l’UE, même si « personne ne se réjouit encore »

Les discussions organisées cette semaine se sont avérées longues et difficiles et ont notamment été marquées par un débat de six heures sur la manière d’éviter une nouvelle frontière douanière sur l’île d’Irlande. 

« L’UE a proposé une solution juridiquement et concrètement réalisable, et si elle ne convient pas aux Britanniques, ils devront en proposer une autre, sans quoi nous devrons revenir à la case départ », a expliqué le diplomate. 

Les députés européens ne cachent pas leur agacement et préviennent le Royaume-Uni que tout retour en arrière sur la question de la frontière pourrait « affaiblir la confiance établie et ruiner les négociations »

« Le gouvernement britannique ne peut plus reporter la présentation d’une proposition réalisable et juridiquement applicable », a précisé vendredi le groupe de pilotage du Parlement européen sur le Brexit dans une déclaration écrite. « Nous n’avons encore vu aucune proposition législative de la part du gouvernement britannique, malgré les engagements répétés du Premier ministre britannique, Mme Theresa May. » Selon les députés européens, il leur sera « impossible » de se prononcer sur l’accord de retrait final à moins qu’une solution de sécurité « à toute épreuve » ne soit adoptée. 

Mais aucune partie n’a encore avancé de nouvelles idées. 

Le Royaume-Uni s’en tient à une proposition du 7 juin suggérant un « accord douanier temporaire », à savoir une union douanière UE-Royaume-Uni limitée dans le temps qui prendrait fin une fois l’accord de libre-échange signé (EUROPE 12036). L’UE estime pour sa part qu’une solution de sécurité ne peut pas être indéterminée et qu’elle doit être axée sur l’Irlande du Nord, autrement, elle s’exposera à des litiges. 

En toile de fond, la solution à long terme du Royaume-Uni [exposée dans son récent livre blanc (EUROPE 12063)] relative à un futur « accord douanier facilité » et à une zone de libre-échange pour les biens et l’alimentation, mais qui, selon les négociateurs de l’UE, ne fonctionnera pas, désintégrera le marché unique et ne sera pas prête à temps. 

Les gouvernements européens ont « chargé » M. Barnier de démonter cette idée cette semaine, a rapporté un diplomate à B-Word, et c’est ce qu’il a fait. 

« Le Royaume-Uni souhaite reprendre le contrôle de son argent, de sa législation et de ses frontières », a déclaré hier M. Barnier. « C’est quelque chose que nous respecterons. Mais l’UE souhaite également garder le contrôle de son argent, de sa législation et de ses frontières. Le Royaume-Uni devrait le respecter. » 

Barnier a également demandé aux deux parties de « dédramatiser » la question de la frontière irlandaise, une manière à peine voilée d’inviter le Royaume-Uni à cesser de considérer les contrôles frontaliers comme une menace constitutionnelle. 

Les négociateurs du Brexit s’accordent une pause jusqu’à la mi-août en espérant revenir avec de nouvelles idées sur la solution de sécurité et un futur plan douanier qui puissent satisfaire non seulement les défenseurs de l’UE, mais aussi les fervents partisans du Brexit, dont le parti unioniste démocrate, catégoriquement opposés à l’instauration d’une frontière douanière autour de l’île d’Irlande. 

Les négociateurs du Brexit sont désormais en vacances, mais ils ont encore beaucoup de devoirs à préparer pour la rentrée. (Version originale anglaise par Sarah Collins)

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