En présence du commissaire à l'Énergie et à l'Action pour le climat, Miguel Arias Cañete, le Premier ministre portugais, António Costa, recevait à Lisbonne, vendredi 27 juillet, le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, pour évaluer les progrès accomplis dans l'intégration de la péninsule ibérique au marché de l'énergie de l'UE et examiner les moyens de renforcer la coopération régionale entre l'Espagne, la France et le Portugal.
Les trois dirigeants et la Commission devaient signer une déclaration indiquant la voie à suivre pour renforcer la coopération régionale en matière d'interconnexions. Ce texte s'appuie sur la déclaration de Madrid de mars 2015, qui a lancé le processus d'intégration et a établi le groupe à haut niveau présidé par la Commission afin de superviser l'avancement des travaux (EUROPE 11268).
En outre, une convention de subvention de 578 millions d'euros - le plus gros montant jamais octroyé à un projet d'infrastructure énergétique au titre du mécanisme pour l'interconnexion en Europe (MIE) - devait être signée avec la Banque européenne d'investissement pour la ligne électrique traversant le golfe de Gascogne.
Cette ligne de 280 kilomètres entre l'Espagne et la France doit permettre de doubler, d'ici 2025, la capacité d'échange entre les deux pays et rapprocher l'Espagne de l'objectif de 15 % d'interconnexion des capacités électriques installées.
L'insuffisance des capacités d'interconnexion demeure un obstacle à la création d'un marché de l'électricité dans l'Europe du Sud-ouest et elle a empêché jusqu'à présent les entreprises d'électricité ibériques de participer pleinement au marché européen de l'électricité.
Avec une capacité d'interconnexion de 6 000 mégawatts, l'Espagne et le Portugal demeurent largement un îlot énergétique, rappelait la Commission avant la réunion, assurant que l'intégration de la péninsule ibérique au marché intérieur de l'énergie était une priorité de l'actuelle Commission Juncker.
Outre la ligne du golfe de Gascogne, l'UE soutient : - le projet d'interconnexion entre l'Espagne et le Portugal qui, une fois opérationnel, en 2021, doit permettre à ce dernier pays de parvenir à 10 % d'interconnexion en portant à 3,2 GW la capacité des interconnexions ; - les Traversées des Pyrénées, deux projets de hausse des capacités d'interconnexion entre l'Espagne et la France à travers les Pyrénées ; - le gazoduc du val de Saône, qui, une fois achevé, fin 2018, doit faciliter l'accès de l'Espagne et du Portugal au marché gazier européen ; - le projet STEP, qui vise à accroître les flux bidirectionnels entre la péninsule ibérique et la France par le développement d'un axe gazier oriental comprenant une troisième interconnexion entre l'Espagne et le Portugal.
Le projet Santa-Llogaia-Baixas/INELFE, achevé en juin 2017, a permis d'utiliser pleinement l'interconnexion entre l'Espagne et la France, doublant ainsi la capacité d'interconnexion entre les deux pays. Ces investissements, cofinancés par l'UE, ont permis à l'Espagne d'aider la France et de faire preuve de solidarité lors de périodes de tension sur l'offre et la demande, à l'hiver 2017. (Emmanuel Hagry)