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Bulletin Quotidien Europe N° 12033
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Selon une étude, les pays du G7 continuent de financer les combustibles fossiles au-delà de 100 milliards $ par an

Malgré leur engagement pris depuis 2009 à éliminer leurs subventions aux combustibles fossiles (charbon, gaz et pétrole) d'ici 2025, les pays du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont continué de leur octroyer plus de 100 milliards de dollars par an d'aides pour leur production et leur consommation en 2015 et 2016, selon une étude publiée lundi 4 juin par les ONG Natural Resources Defense Council, Overseas Development Institute, Oil Change International et International Institute for Sustainable Development (IISD) - à la veille du sommet du G7 des 8 et 9 juin à Charlevoix (Canada). 

Ces aides ont inclus 81 milliards de dollars de soutien fiscal sous forme de dépenses directes et d'allégements fiscaux et 20 milliards de dollars d'aides publiques en moyenne par an en 2015 et 2016. 

Pour ce qui est des trois pays européens du G7 : l'Allemagne fournit 15,2 milliards $ d'aides fiscales et 3,4 milliards $ de soutiens publics par an ; l'Italie fournit 15,6 milliards $ d'aides fiscales et 2,3 milliards $ de soutiens publics par an ; le Royaume-Uni fournit 10,2 milliards $ d'aides fiscales et 0,8 milliard $ d'aides publiques par an ; la France fournit 7,9 milliards $ d'aides fiscales et 0,1 milliard d'aides publiques. 

Pour la première fois, les pays du G7 sont classés selon leur transparence, leurs engagements et les progrès réalisés pour mettre fin au soutien à la production et à l'utilisation des énergies fossiles. 

Dans l'ensemble, aucun pays du G7 n'a obtenu de bons résultats et tous risquent de ne pas respecter leur engagement d'élimination progressive des combustibles fossiles, avertissent les auteurs. 

La France est la mieux classée grâce à ses progrès pour mettre progressivement fin à la production de charbon et d'électricité issue d'énergies fossiles. 

Le Royaume-Uni a obtenu la note la plus faible en matière de transparence. 

Les États-Unis sont classés au dernier rang pour ce qui est de l'élimination des subventions aux combustibles fossiles, en raison du montant massif des subventions à l'exploration et à la production de combustibles fossiles et pour avoir fait marche arrière, depuis l'arrivée du président Donald Trump, par rapport aux engagements antérieurs visant à mettre fin à l'aide aux combustibles fossiles. 

Le Canada a obtenu d'excellents résultats pour ce qui est de mettre fin au soutien à l'exploitation du charbon, à la production d'électricité et à l'utilisation de carburants issus de combustibles fossiles, mais il se classe mal en matière de réforme du soutien à la production de pétrole et de gaz parce qu'il dépense le plus d'argent par habitant pour subventionner la production de pétrole et de gaz. 

Le Japon se classe très mal parce qu'il continue de subventionner l'exploration et la production de combustibles fossiles et il fournit des milliards de dollars des contribuables pour la construction de centrales au charbon très polluantes dans certains des pays les plus vulnérables aux changements climatiques. 

Parmi leurs recommandations clés pour mettre en œuvre l'élimination progressive des subventions pour les combustibles fossiles, les auteurs demandent aux gouvernements du G7 d'établir des plans nationaux qui ciblent en premier lieu les subventions clés ayant des impacts sociaux et environnementaux négatifs. 

Ils leur recommandent aussi de suivre l'exemple des gouvernements de l'UE pour élaborer ces plans à une échéance antérieure à 2020 et de donner l'exemple dans le cadre du G20, de la coopération économique Asie-Pacifique, des Objectifs de développement durable des Nations Unies (ODD) et de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. (Emmanuel Hagry)

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