La ministre française de la Défense, Florence Parly, a défendu, samedi 5 mai, le projet français de force commune d'intervention européenne.
« Cette initiative d'intervention est un mode de coopération entre des États qui disposent d'un certain nombre de capacités opérationnelles ou de soutien et qui sont désireux de les utiliser où cela paraitra nécessaire et utile, et cela, quel que soit le cadre juridique d'intervention », a expliqué Mme Parly dans une interview à l’AFP réalisée en marge de la réunion informelle des ministres européens, à Sofia. L'objectif est de « s'appuyer sur des États pas nécessairement volontaires pour une intervention militaire offensive, mais [qui seraient] prêts à fournir un appui à caractère logistique extrêmement important », a-t-elle ajouté, précisant que cette force pourrait aussi couvrir l'évacuation de ressortissants en cas de crise.
Selon l’AFP, neuf pays soutiennent la France : l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, l'Estonie, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal et le Royaume-Uni. « Nous devons nous réunir avec un certain nombre de pays début juin pour la formaliser avec une lettre d'intention », a expliqué la ministre française, ajoutant que « cela allait devenir concret très vite ». En outre, selon elle, cette force ne « nécessiterait pas de fonds communautaires ».
Interrogée sur la concurrence que ce projet pourrait avoir avec la coopération structurée permanente (CSP), la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a estimé que « la coordination » et la « cohérence [...] étaient totales ». « Je vois que l'intention des Français est de faire en sorte que l'initiative future qu'ils ont en tête soit parfaitement cohérente avec le travail que nous faisons sous la CSP », a-t-elle ajouté. Selon Mme Mogherini, « il serait complètement contradictoire de ne pas travailler dans la même direction ». « Je pense qu'il n'y a aucun risque que cela se produise », a-t-elle conclu. (Camille-Cerise Gessant)