La Commission européenne a approuvé, lundi 7 mai, l’acquisition d’Ilva par ArcelorMittal, sous réserve d'une cession d’actifs par l’entreprise luxembourgeoise afin de préserver la concurrence sur les marchés européens de l’acier.
Cette décision fait suite à l’ouverture d’une enquête approfondie, le 8 novembre dernier, consécutivement à la notification de l’opération par les deux entreprises actives dans l’acier (EUROPE 11901). Alors que les discussions entre les différentes parties avaient lieu, l’État luxembourgeois avait fait part, le 16 avril, de ses craintes relatives au maintien de l’industrie sidérurgique dans le cadre des mesures correctives proposées par ArcelorMittal (EUROPE 12003).
« La décision adoptée aujourd'hui veille à ce que l'acquisition d'Ilva par ArcelorMittal, qui donne naissance à ce qui est, de loin, le plus important sidérurgiste européen, ne provoque pas une hausse des prix de l'acier au détriment des industries européennes, des millions de personnes qu'elles emploient et des consommateurs. ArcelorMittal a proposé de vendre plusieurs aciéries à travers l'Europe à un ou plusieurs acquéreurs, qui les exploiteront pour concurrencer ArcelorMittal sur le long terme », a déclaré Margrethe Vestager, la commissaire à la Concurrence.
L’opération telle que notifiée aurait effectivement eu pour conséquence que la future entreprise contrôle plus de 40 % de la capacité de production des produits plats en acier au carbone laminés à chaud, à froid et galvanisés dans l’Espace économique européen (EEE), lui donnant un poids prépondérant par rapport à ses concurrents.
Pour répondre aux préoccupations de la Commission, ArcelorMittal a proposé de céder des actifs de production en Belgique (Liège), en République tchèque (Ostrava), au Luxembourg (Dudelange), en Italie (Piombino), en Roumanie (Galati) et dans l'ancienne République yougoslave de Macédoine (Skopje). L’entreprise a également proposé de céder plusieurs actifs de distribution en France et en Italie. Elle a, en outre, offert de faire sortir Marcegaglia, une entreprise italienne de production de produits plats en acier au carbone galvanisés, du consortium qui acquiert Ilva et de ne pas en acquérir de parts.
Par ces mesures, la Commission a considéré que l’opération pourrait préserver la concurrence dans le secteur de l’acier sur le marché intérieur. ArcelorMittal doit à présent proposer des acheteurs à la Commission. L’institution examinera ensuite si ceux-ci sont appropriés pour garantir une concurrence effective dans l’acier.
« Je suis surpris par la rapidité de la décision prise par la Commission Juncker qui avait pourtant annoncé vouloir effectuer une enquête approfondie pour connaître le périmètre exact du dossier d’acquisition et les impacts y liés. Je déplore fortement le fait que le site de Dudelange devra quitter le groupe ArcelorMittal pour être cédé à un repreneur inconnu », a réagi le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie luxembourgeois, Étienne Schneider. (Lucas Tripoteau)