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Bulletin Quotidien Europe N° 12007
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ACTION EXTÉRIEURE / Syrie

Une conférence internationale pour essayer de relancer le processus politique

Pour la deuxième année consécutive, l’UE accueille, mardi 24 et mercredi 25 avril, à Bruxelles une conférence internationale sur l’avenir de la Syrie. Cette conférence a un objectif humanitaire, avec de nouvelles promesses de dons attendues, mais devrait aussi être une tentative de relancer le processus politique, comme annoncé par Mme Mogherini lundi 16 avril (EUROPE 12002). 

« Un des objectifs est de maintenir l’accent sur la nécessité d’un processus politique, d’une solution politique », a expliqué une source européenne, rappelant une nouvelle fois qu’il ne pouvait pas y avoir de solution militaire. 

Plus de 85 délégations – mais aucun représentant du régime syrien ou de l’opposition – vont ainsi se réunir pour discuter de l’avenir du pays, quelques jours après une nouvelle attaque chimique attribuée au régime, et des frappes occidentales en réponse. « La coprésidence de la conférence par l’ONU [en plus de l’UE, NDLR] peut (…), on l’espère, être une opportunité pour relancer le processus de paix », a précisé une source, rappelant que la conférence réunissait des acteurs « qui pouvaient faire la différence ». Mais si le vice-premier ministre turc a annoncé sa participation, il n’est pas encore certain que l’Iran et la Russie soient représentés à un niveau ministériel. Au niveau de l’UE, 23 États membres ont confirmé leur participation, dont 12 au niveau de leur chef de la diplomatie et 6 de leur ministre responsable du Développement. 

En plus de l’aspect politique, les délégations discuteront de l’économie de la région et des aspects humanitaires. La réunion devrait être l’occasion de faire de nouvelles promesses de dons. La conférence de 2017 avait permis des promesses de 5,6 milliards d’euros (6 milliards de dollars) pour 2017 et 3,5 milliards pour 2018-2020, dont 5 milliards par l’UE et ses États membres. Des prêts de 27,9 milliards d’euros avaient aussi été annoncés. Selon un rapport publié le 20 avril, 7,5 milliards de dollars de dons ont été versés en 2017, soit 26 % de plus que les promesses faites lors de la conférence. 

« La situation ne s’améliore pas, il faut garder l’attention de la communauté internationale sur la Syrie », a rappelé une source européenne. Un haut fonctionnaire a espéré que, malgré la pression subie par les donateurs en raison des nombreuses crises dans le monde, les promesses seront supérieures à celles de 2017. Celles-ci devraient porter sur 2018, mais également sur la période 2019-2021. 

S'il n'est pas prévu qu'elles assistent à la réunion ministérielle, les organisations non gouvernementales ne sont pas pour autant en reste. Mardi 24, plus de 200 d’entre elles, issues de la Syrie et de la région, participeront à une « journée de dialogue », en présence de certains ministres et représentants d’agences onusiennes pour discuter des moyens de soutenir la région. Les discussions porteront sur la protection des Syriens dans la région, les manières de mieux apporter l’aide humanitaire, la promotion du développement social et économique inclusif dans les pays d’accueil – notamment en termes de travail et d’éducation - et enfin, sur la sécurisation de l’avenir des enfants et des jeunes. Les ministres seront informés, le 25, sur la tenue des débats de la veille. (Camille-Cerise Gessant)

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