Le commissaire européen au Budget, Günther Oettinger, a déclaré mercredi 21 février devant les membres de la commission de l’agriculture du Parlement européen qu’il « comprend » leur opposition à toute réduction du budget de la PAC dans le cadre financier pluriannuel post-2020 de l’UE, mais qu’il n’en reste pas moins que « ces baisses vont s’imposer ». « Vous devrez alors me dire où on peut couper et où on ne peut pas » pour « essayer de faire de notre mieux afin qu’un maximum d’éléments de cette politique soient préservés », a-t-il ajouté.
Lors du débat qui a suivi, de nombreux eurodéputés se sont inquiétés des options présentées le 14 février par la Commission européenne qui prévoient pour la PAC un statu quo, une baisse de 15 % ou une baisse de 30 % des fonds (EUROPE 11961). Le commissaire au Budget a indiqué qu’une baisse « de 5 à 10 % du budget de la PAC serait raisonnable ». Il estime que des efforts de simplification (notamment des contrôles), mais aussi la mise en place de mesures, comme le plafonnement des aides pour les grandes exploitations ou la dégressivité des soutiens (à partir d’un certain niveau) pourraient permettre de réduire le budget. « Certains agriculteurs que je rencontre me disent qu'ils sont prêts à accepter une baisse de leurs aides, à condition que les contraintes qui leur sont imposées soient moins lourdes », a précisé Günther Oettinger.
Par contre il s’est dit opposé à tout cofinancement des aides directes par les États membres, car cette mesure soulèverait un problème de concurrence sur le marché intérieur entre les États membres (les plus riches) qui pourraient y avoir recours et les autres. Pour les mêmes raisons, il a indiqué qu’il n’était pas favorable à une renationalisation de la PAC.
La proposition de cadre financier pluriannuel devrait être adoptée par la Commission européenne le 2 mai.