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Bulletin Quotidien Europe N° 11938
INSTITUTIONNEL / Affaires ÉtrangÈres

La Présidence bulgare du Conseil veut améliorer les relations de l'UE avec la Russie et la Turquie

Le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov, a plaidé, vendredi 12 janvier, pour une amélioration des relations entre l’UE et ses voisins turc et russe, sans pour autant préciser si son pays, qui assure actuellement la Présidence du Conseil de l’UE, s’investirait dans une telle démarche.

« Nous devons rester très attentifs, tenter de normaliser les relations avec les voisins », a souligné le Premier ministre lors de sa conférence de presse avec le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, précisant cependant que son pays serait « toujours solidaire » des décisions qui seront prises par le Conseil concernant ces deux pays.

Concernant la Turquie, M. Borissov a rappelé qu’il s’agissait du plus grand pays partenaire de l’UE dans la région. « Moyennant certaines modifications du côté turc et de la bonne volonté de notre côté, les choses pourraient progresser », a-t-il estimé, espérant que le gouvernement turc revienne sur la manière dont il gère la situation en matière d’État de droit. Il a aussi souhaité que la déclaration entre l’UE et la Turquie sur la migration soit pleinement mise en œuvre.

Déjà la veille, lors d’une rencontre avec un groupe de journalistes en visite à Sofia, le Premier ministre avait déjà plaidé pour une amélioration des relations. « Devons-nous faire empirer les relations entre l’UE et la Turquie, continuer à échanger des mots durs au niveau le plus élevé ? », s’est-il ainsi interrogé devant un groupe de journalistes, dont EUROPE, à Sofia. « Nous devons réfléchir en termes de risques et de bénéfices et essayer d’améliorer les relations », a expliqué le Premier ministre, estimant que meilleures seront les relations, mieux cela serait. Mais le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a formulé des conditions à l’amélioration des relations. S’il a estimé que « la relation avec Turquie est d’une grande importante pour l’UE dans son ensemble », il a rappelé que « la Turquie s’éloigne à grands pas des ambitions européennes qui furent les siennes ». « Nous verrons quels sont les progrès que la Turquie saura faire dans les prochains mois, mais il n’y aura aucun progrès tant qu’il y aura des journalistes dans les prisons turques », a-t-il prévenu.

Penser une nouvelle relation avec Ankara

La ministre des Affaires étrangères bulgare, Ekaterina Zakharieva, a proposé de réfléchir à une nouvelle relation entre l’UE et la Turquie, lors de rencontres avec la presse européenne à Sofia, les 11 et 12 janvier. « Nous devrions essayer d’améliorer les relations sans pour autant cacher les problèmes », a jugé Mme Zakharieva. Elle a appelé à se concentrer sur les éléments positifs des relations, tels que la coopération en termes de migration. Le Premier ministre a rappelé pour sa part que la Turquie était un pays de 80 millions d’habitants, avec un développement économique important et une armée « très opérationnelle », il a également souligné l’importance des échanges de biens entre l’UE et la Turquie, la coopération dans la lutte contre le terrorisme et dans la crise syrienne.

Selon Mme Zakharieva, s’il n’est « peut-être pas réaliste que la Turquie soit membre de l’UE », « cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas être proches ». Elle a estimé qu’il pourrait être « peut-être plus réaliste de commencer à discuter d’une relation différente » avec Ankara, rappelant que les négociations d’adhésion n’avaient pas beaucoup avancé avec ce pays candidat depuis 1999.

« Nous devons être capables de travailler sans émotion », a aussi estimé Mme Zakharieva, précisant qu’il y avait une tendance positive à mettre de côté les aspects émotionnels. Selon elle, « il y a des signaux pour commencer à normaliser les relations » après des mois de tensions et de petites phrases.

Discuter avec Moscou

Bien que la Bulgarie ait la réputation d’être proche de la Russie, le Premier ministre Borissov a rappelé que son gouvernement avait voté en faveur des sanctions à l’encontre de Moscou, malgré les conséquences pour son pays. M. Borissov a expliqué, par exemple, que des projets gaziers et nucléaires avaient dû être stoppés. « Il est très clair que nous avons été l’État membre le plus loyal concernant les relations avec la Russie » en termes de sanctions, a-t-il jugé. II a rappelé que, contrairement à son pays, d’autres États membres avaient poursuivi leurs projets avec la Russie, citant le gazoduc Nord Stream. La Bulgarie n’est pas le plus grand cheval de Troie de Moscou au sein de l’UE, a aussi estimé Vessela Tcherneva, directrice du bureau de Sofia du European Council on Foreign relations.

Mais au-delà des sanctions, pour le gouvernement bulgare il est important d’améliorer les relations avec ce grand voisin. « Quand vous avez des voisins puissants en termes de défense et d’économie, il vaut mieux être en paix », a suggéré M. Borissov. Pour sa ministre des Affaires étrangères, les sanctions « ne signifient pas que l’on ne doive pas discuter des questions importantes », telles que la Syrie, l’énergie ou l’économie. (Camille-Cerise Gessant)

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