Le ministre des Affaires étrangères irlandais, Simon Coveney, a rencontré, lundi 4 septembre, le négociateur de l’UE pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, Michel Barnier, ainsi que le coordinateur du PE pour le Brexit, le Belge Guy Verhofstadt, pour rappeler les lignes rouges de son pays dans ces négociations et rappelé l’impact potentiellement « extraordinairement négatif » que le Brexit aura sur l’Irlande, comme le ministre l’a dit lors d’une déclaration aux côtés de Michel Barnier.
Le ministre irlandais a insisté sur la position unique et particulièrement « vulnérable » de son pays dans ces négociations et l’interdépendance avec le Royaume-Uni sur de multiples aspects économiques et commerciaux, mais aussi en termes de stabilité, avec l’accord du Vendredi saint. Simon Coveney a souligné à quel point il était important de maintenir tous les aspects de cet accord.
La semaine dernière, le Français avait indiqué que des progrès avaient été réalisés sur la question irlandaise au cours du dernier round, mais qu’il restait du travail à faire, notamment en ce qui concerne la coopération entre le nord et le sud de l'île telle que prévue par cet accord (EUROPE 11852). Lundi 4 septembre, le négociateur de l’UE a répété cette demande.
L’accord du Vendredi saint a été acté dans le cadre de l’Union européenne et pas entre l’Irlande et un pays tiers. Dublin cherche donc à savoir comment préserver son contenu, par exemple sur tout ce qui touche à la coopération en matière d’agriculture, de santé ou d’environnement.
Il y a, par exemple, des accords entre hôpitaux pour recevoir des soins. Le fait que le Royaume-Uni devienne un pays tiers pose donc de nouvelles questions. Michel Barnier a rappelé lundi à son homologue l’importance et la haute priorité accordée par l’institution européenne à ce dossier dont les progrès conditionneront le passage à la phase des négociations sur les relations futures, au même titre que la question financière ou celle des droits des citoyens. Les intérêts de l’Irlande sont ceux de tous les États membres et tous les États membres et les institutions européennes sont « pleinement unis » derrière ce principe, a dit le Français. (Solenn Paulic)