La chancelière allemande, Angela Merkel, s’est exprimée, dimanche 3 septembre, en faveur de l’arrêt des négociations d’adhésion avec la Turquie.
Les relations entre la Turquie et l’UE et la Turquie et l’Allemagne se sont considérablement dégradées depuis la tentative de coup d’État, en juillet 2016 (EUROPE 11596), et le référendum sur la constitution turque au printemps 2017 (EUROPE 11744).
« Je vais discuter avec mes collègues (européens) pour voir si nous pouvons parvenir à une position commune sur ce point et si nous pouvons mettre fin aux négociations d'adhésion », a-t-elle annoncé lors du débat en vue des élections législatives allemandes du 24 septembre. « Je ne vois pas l'adhésion se concrétiser et je n'ai jamais cru que cela pût survenir », a-t-elle ajouté. L’unanimité des États membres est nécessaire pour arrêter les négociations, tout comme pour l’ouverture et la fermeture de chapitres de négociation supplémentaires.
La chancelière a aussi précisé qu’il était « clair que la Turquie ne devait pas devenir un membre de l'Union européenne ». Mme Merkel a expliqué vouloir adopter une « position tranchée » à l'égard du président Recep Tayyip Erdogan, ajoutant avoir « de toute façon », « l’habitude » avec lui.
Le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, a rappelé pour sa part, lundi 4 septembre, que la décision d’interrompre les négociations d’adhésion appartenait aux États membres, ajoutant que le soutien de l’UE à la Turquie n’était « pas illimité ni inconditionnel » et qu’il fallait tenir compte des « développements inquiétants » de ces derniers mois. La semaine dernière, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait appelé à éviter de tomber dans le piège du président turc qui consisterait, selon lui, à ce que l’UE mette fin aux négociations et prenne ainsi la responsabilité de cette décision (EUROPE 11850).
Les ambassadeurs de l’UE au Comité politique et de sécurité (Cops) se réuniront ce mardi 5 septembre pour une réunion informelle avec le chef de la délégation de l’UE en Turquie, Christian Berger afin de discuter de la situation, a confirmé une source européenne à EUROPE.
De son côté, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, devait rencontrer, lundi 4 septembre, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, en marge du Forum stratégique de Bled, en Slovénie. (Camille-Cerise Gessant)