L'approfondissement de la gouvernance de la zone euro a été l'un des thèmes débattus lors du Forum Villa d'Este, qui s’est tenu du 1er au 3 septembre à Cernobbio (Italie).
Ce débat a en effet permis à des personnalités politiques européennes de premier plan d’échanger leurs observations sur les principaux défis relatifs à l’Eurozone, en particulier celui de la gouvernance européenne.
Le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a réitéré son appel en faveur d’un 'ministre européen des Finances'. Pointant un déficit démocratique au sein de la zone euro, il a plaidé pour la création d’un « haut-représentant aux affaires économiques et financières de la zone euro ». Celui-ci serait « robuste institutionnellement », puisqu’il combinerait les actuels rôles de commissaire aux Affaires économiques et financières et de président de l’Eurogroupe, poste qui sera occupé jusqu’en janvier 2018 par Jeroen Dijsselbloem (voir autre nouvelle).
Pour légitimer l'action de cette personnalité et donner un gage démocratique aux peuples européens, Pierre Moscovici envisage que ce haut-représentant soit directement responsable devant le Parlement européen. Cette proposition va dans le sens du projet français. Les autorités françaises plaident effectivement pour la création d’un poste de ministre européen des finances (EUROPE 11783), ce qu’a notamment rappelé le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, lors de cette réunion.
Plus réservé sur la question, Jeroen Dijsselbloem a reconnu au micro de CNBC que la future gouvernance de la zone euro serait un défi majeur et que l’avenir de la fonction qu'il occupe actuellement ferait partie des questions-clefs.
Plaidoyer pour un fonds monétaire européen
L’autre point majeur soulevé par le commissaire concerne la création d’un fonds monétaire européen (FME). Cette possibilité suscite également de nombreux débats depuis plusieurs mois et Pierre Moscovici considère que l’instauration d’un tel fonds « pourrait être un développement très positif pour la zone euro », même si les compétences d'un tel fonds devaient être clarifiées.
Bruno Le Maire, également au micro de CNBC, s’est, à cet égard, déclaré satisfait des récentes déclarations d’Angela Merkel, la chancelière allemande, laissant la porte ouverte à la création d’un tel fonds. Pour le ministre français, l’Eurozone a besoin de changements et de plus d’intégration, « ce qui signifie la création d’un fonds monétaire européen, au lieu d’avoir le FMI [Fonds Monétaire International] qui joue un rôle au sein de l’Eurozone ».
Les élections législatives allemandes, qui se tiendront le 24 septembre prochain, joueront un rôle-clef. Ainsi, pour Bruno Le Maire, si Madame Merkel est reconduite à la tête du gouvernement allemand, « il pourrait y avoir une fenêtre d’opportunité unique » pour bâtir une Eurozone intégrée et « un continent économique européen ». Le président français a d'ores et déjà annoncé des propositions concrètes sur l'avenir de l'Union européenne et notamment la gouvernance de la monnaie unique dans les semaines suivant les élections en Allemagne afin d'aboutir à une feuille de route d'ici à fin 2017 (EUROPE 11851).
Jeroen Dijsselbloem a espéré, quant à lui, des résultats concrets d'ici à mi-janvier, lorsqu’il quittera son poste de président de l’Eurogroupe.
La gouvernance de la zone euro sera à l'ordre du jour de la réunion informelle des ministres européens des Finances, mi-septembre à Tallinn. (Lucas Tripoteau)