Intégrer les agendas de la croissance et du climat plutôt que traiter le climat séparément pourrait ajouter un point de pourcentage de croissance économique dans les pays du G20 d’ici à 2021 et jusqu’à 2,8% à l’horizon 2050, selon un rapport de l'OCDE rendu public mardi 23 mai à Berlin, à l'occasion du dialogue ministériel informel de Petersberg sur le climat (EUROPE 11793).
Véritable plaidoyer pour l’intégration des mesures climatiques dans la politique économique, ce rapport montre que si l’on incluait les bénéfices économiques liés à la prévention des impacts du changement climatique tels que les dégâts provoqués par les inondations côtières ou les tempêtes, l’augmentation nette du PIB à l’horizon 2050 serait de près de 5%.
Selon l'OCDE, les pays du G20, qui totalisent ensemble 85% du PIB mondial et 80% des émissions de CO2, devraient adopter une combinaison des politiques en faveur de la croissance et de l'environnement en élaborant leurs stratégies de croissance et de développement, c’est-à-dire combiner les politiques climatiques, comme la tarification du carbone, et des politiques économiques de soutien pour stimuler la croissance centrée sur l’investissement dans les infrastructures à basses émissions et résilientes aux changements climatiques.
Le rapport recommande aux pays du G20 : - de renforcer leurs politiques d’atténuation, notamment par la tarification du carbone, la réforme des subventions aux combustibles fossiles, des réglementations intelligentes et le recours aux marchés publics pour stimuler l’innovation sobre en carbone ; - d'accélérer les efforts pour mobiliser les investissements privés dans les infrastructures à basses émissions et résilientes par le verdissement accru du système de financement ; - d’engager les autorités locales, les employeurs et les travailleurs dans la transition des activités et des communautés exposées aux changements climatiques, pour garantir une transition juste aux travailleurs.
L’OCDE estime que les investissements dans les infrastructures réalisés au cours des 10 ou 15 prochaines années détermineront si l’objectif de l’Accord de Paris peut être atteint et que tout retard dans l’action coûtera plus cher. Ainsi, selon le rapport, n’agir qu’après 2025 pourrait conduire à une perte moyenne de production de 2% pour les économies du G20.
Le rapport note que le sous-investissement dans les infrastructures est chronique dans la plupart des pays du G20 alors même que les infrastructures sont un moteur de croissance. (Aminata Niang)