La Commission européenne lie le début des négociations menant au retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne à un accord définitif sur la révision à mi-parcours du cadre financier pluriannuel (CFP).
M. Juncker a établi, samedi 29 avril lors du sommet des Vingt-sept consacré au Brexit (EUROPE 11778), un lien clair entre le démarrage des négociations avec le Royaume-Uni, prévu en théorie après les élections législatives britanniques du 8 juin, et le déblocage par les Britanniques de leur réserve actuelle sur la révision du CFP 2014-2020, a également confirmé, le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, mardi 2 mai.
À la demande du Royaume-Uni, en raison des élections législatives anticipées du 8 juin, le Conseil 'Affaires générales' n'a pas adopté mardi 25 avril, comme cela avait été prévu initialement, le règlement sur la révision à mi-parcours du CFP 2014-2020 (EUROPE 11774).
Le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, dévoilera, mercredi 3 mai, les directives de négociations de la Commission européenne sur le Brexit qui découlent des lignes directrices que les Vingt-sept ont approuvées, samedi.
Dîner « constructif » entre Mme May et M. Juncker
Mardi, la Commission a, par ailleurs, refusé de confirmer des affirmations parues dans la presse au cours du week-end selon lesquelles le récent dîner londonien consacré au Brexit entre le Premier ministre britannique, Madame Theresa May, et le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, aurait tourné au « désastre ».
Selon le quotidien allemand FAZ, les choses se seraient mal passées entre les deux dirigeants notamment compte tenu du refus opposé par l'UE à Mme May de faire débuter les discussions sur la future relation commerciale avec le Royaume-Uni parallèlement aux négociations sur le divorce. M. Juncker aurait confié être dix fois plus sceptique quant aux chances de trouver un accord avec les Britanniques. Les négociateurs européens auraient également jugé Mme May beaucoup trop optimiste sur cette négociation.
Toujours selon ces articles, le président Juncker aurait appelé Mme Merkel dès le lendemain matin pour lui dire que Mme May se faisait des illusions sur cette négociation. Jeudi matin au Bundestag, la chancelière allemande a d’ailleurs directement appelé les Britanniques à ne pas se faire d’illusions sur ces négociations (EUROPE 11776).
Interrogé sur ce que Mme May a qualifié de « ragots bruxellois », le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, a rappelé le bref compte rendu qui avait été donné aux journalistes, jeudi 27 avril, et selon lequel le président Juncker avait eu « un entretien constructif dans une atmosphère amicale » avec Mme May. Samedi 29 avril lors du sommet européen spécial Brexit, M. Juncker avait lui aussi assuré que « tout s’était pratiquement bien passé » mais qu’il avait néanmoins l’impression que les Britanniques « sous-estimaient les difficultés techniques » liées aux négociations. (Solenn Paulic)