Les ministres européens responsables de la politique maritime intégrée ont adopté, jeudi 20 avril à La Valette, lors d’une réunion informelle, une déclaration visant à poursuivre les efforts pour doper la 'croissance bleue’.
Ils reconnaissent que des progrès ont été réalisés depuis le lancement de la stratégie sur la croissance bleue, en 2012. Les ministres insistent sur le besoin de poursuivre les efforts pour améliorer les investissements et les emplois, maintenir un espace maritime sûr et un environnement marin sain ainsi qu'une meilleure gouvernance des mers.
Ils soutiennent les actions visant à renforcer « l'attractivité marine et maritime » pour les travailleurs maritimes et à faire mieux appliquer les conventions internationales en matière de travail. La déclaration liste les secteurs à fort potentiel (énergie des océans, aquaculture, tourisme maritime, côtier et nautique, activités portuaires, technologie maritime, biotechnologie bleue, pêche…).
Par ailleurs, les ministres encouragent les initiatives « qui favorisent l'économie circulaire au sein de l'économie bleue », en insistant sur les technologies propres et les meilleures pratiques disponibles. Dans le cadre des actions visant à atténuer les effets du changement climatique, les ministres soutiennent les initiatives et investissements permettant de « promouvoir la décarbonisation des secteurs » de l’économie bleue. Enfin, les ministres estiment que l'UE et ses États membres devraient « intensifier leurs efforts pour protéger les océans et les mers des conséquences néfastes et des effets du changement climatique ».
Plus une utopie. « L'économie ‘bleue’ n'est plus une utopie », a déclaré le commissaire à la Pêche et aux Affaires maritimes, Karmenu Vella, lors de la conférence. La production de l'économie bleue au niveau mondial dépasse actuellement 1,3 milliard d’euros, a-t-il précisé. D'ici 2030, ce chiffre pourrait plus que doubler. Il a rappelé que l’UE était le leader mondial dans le développement des technologies de l'énergie marine. L’Europe possède 52% des centrales marémotrices et 60% des développeurs d'énergie des vagues dans le monde. Ce n’est pas tout : la valeur de la production aquacole dans l'UE a augmenté de plus de 40% par rapport à il y a dix ans, le tourisme côtier a le vent en poupe et la recherche sur les biotechnologies marines apporte des produits innovants sur le marché (cosmétiques, compléments alimentaires, antibiotiques, algocarburants). (Lionel Changeur)