Le concept de la Commission européenne sur l’espace aérien ‘U-space’ pour les drones en zone urbaine avance à grands pas, à en croire la feuille de route provisoire (‘blueprint’) de l’entreprise commune SESAR (‘Sesar Joint Undertaking’), consultée par EUROPE jeudi 20 avril, qui définit une série de principes clés, ainsi que 4 étapes de mise en œuvre.
Pour rappel, le concept de ‘U-space’ avait été présenté pour la première fois en novembre dernier par la commissaire aux Transports, Violeta Bulc. Il s’agissait de construire un espace aérien qui serait directement accessible aux citoyens européens, en plus de celui de l’espace pour les vols spatiaux (‘space-space airspace’) et le haut espace aérien (‘upper space airspace’) dédié aux lignes commerciales (EUROPE 11674).
En substance, le document émet une série de principes clés afin d’assurer la sécurité de tous les utilisateurs de l’espace aérien ainsi que des citoyens au sol, d’apporter un système flexible, en se reposant en grande partie sur les infrastructures existantes, et notamment en exploitant le système mondial de radionavigation par satellite (GNSS) (EUROPE 11770). Un système flexible qui pourra s’adapter aux changements du marché et permettre un accès équitable à tous les utilisateurs.
Le modèle, précise le document, n’est en aucune manière une réplique du système de gestion de la circulation aérienne (‘Air traffic management’). Il se fonde sur deux grands principes : l’enregistrement électronique (‘e-registration’) et l’identification électronique (‘e-identification’). Les drones de moins de 250 grammes pourraient être dispensés.
Quatre étapes de déploiement. Quatre grandes étapes de déploiement des services sont prévues. Une première étape prévoit le déploiement des services de base, à savoir l’enregistrement électronique, l’identification électronique, et le ‘geofencing’, un système qui permet d’interdire automatiquement le survol de certaines zones géographiques à risque, telles que les aéroports. La deuxième étape comprendra la mise en place de services initiaux pour aider à la gestion des opérations de vols des drones et pourrait inclure une planification de vol, ainsi qu’une approbation de vol et un suivi de vol. La troisième phase mettra en place des services « avancés » pour aider notamment à détecter les « conflits de vol ». Enfin, la quatrième phase définit un système de services « complet », qui comprendra des services permettant d’avoir des interfaces intégrées avec les autres espaces aériens. SESAR prévoit le déploiement de la première étape en 2019.
La finalisation du projet est proche. SESAR compte présenter une version finale à la Commission européenne au mois de mai, nous a-t-on indiqué.
Les constructeurs de drones satisfaits. Dans un communiqué de presse, la Drone Alliance Europe (DAE) a dit « applaudir » la feuille de route provisoire, en précisant que la gestion des drones ne pouvait se reposer sur une approche légaliste. L’organisation préfère en effet la voie normative afin d’asseoir une vraie interopérabilité des systèmes de gestion des drones (‘Unmanned traffic management’ – UTM). « Le bon point est l’appréciation selon laquelle nous avons besoin de normes pour mettre une plateforme », nous a confié une source qui salue par ailleurs le fait que le SESAR se dirige vers un espace aérien où aucun humain « ne participerait » au système de gestion. (Pascal Hansens)