Le commissaire européen aux Services financiers, Valdis Dombrovskis, a souligné l'importance pour les échanges commerciaux et la stabilité financière d'une relation transatlantique étroite basée sur les règles, jeudi 20 avril à Washington, où il participe aux réunions de printemps des organisations financières internationales.
« Les lois changent, les gouvernements changent, le contexte change... mais il est important que les principes et la confiance qui nous lient demeurent », a déclaré le commissaire en intervenant lors d'une conférence de l'American Enterprise Institute. Rappelant le chemin parcouru au sein du G20 après la crise financière de 2008 pour stabiliser le secteur financier, il a estimé que l'absence de coopération comportait un « risque d'arbitrage règlementaire et d'instabilité renouvelée ».
À titre d'exemple, il a évoqué : - l'impératif politique de garantir l'équité fiscale ; - l'impossibilité pour une juridiction d'encadrer seule les marchés des produits financiers dérivés, capables d'exploiter « extrêmement rapidement » la moindre faille règlementaire ; - l'importance du cadre prudentiel dit 'de Bâle' pour contrôler les grands groupes bancaires et leur permettre d'évoluer de part et d'autre de l'Atlantique ; - la nécessité pour l'Europe et les États-Unis de se doter d'outils crédibles de gestion des crises bancaires.
Sur ce dernier point, M. Dombrovskis a souligné que les Européens suivaient de près la réforme éventuelle de la règlementation américaine sur la résolution des grandes institutions financières. « Nous espérons que le besoin d'une coopération effective sera pris en compte dans les discussions », a-t-il dit.
Le commissaire a évoqué la réorientation du projet d'Union des marchés de capitaux à la lumière du processus de sortie du Royaume-Uni de l'UE. « Nous voulons être plus ambitieux dans des domaines tels que les Fintech et la finance 'durable'. Nous proposerons de nouvelles règles relatives à un régime paneuropéen de retraite privé », a-t-il indiqué.
Soutien escompté des États-Unis sur l'aide à la Grèce
Évoquant brièvement les négociations en cours entre Athènes et ses créanciers institutionnels visant à finaliser la 2ème mission de suivi du 3ème plan de sauvetage grec (EUROPE 11764), M. Dombrovskis a espéré que les États-Unis seront en mesure d'apporter un « soutien décisif » lorsque le FMI statuera sur sa participation financière au plan d'aide.
La question grecque devrait être abordée en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale. Est attendue à cette occasion une décision sur un retour rapide à Athènes des chefs de missions des créanciers de la Grèce en vue de boucler le paquet de mesures que le gouvernement grec appliquera après 2018 pour respecter la trajectoire budgétaire qui sera fixée après la sortie de la Grèce du plan de sauvetage. (Mathieu Bion)