Gage de la connaissance de leurs propres droits, garantis par la législation de l’UE, et de leur confiance dans le marché intérieur, la politique des consommateurs est également le meilleur moyen de restaurer la confiance ébranlée des citoyens européens dans les institutions de l'UE, a souligné le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), mardi 18 avril, dans une lettre adressée au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.
Pour toutes ces raisons, le BEUC tient absolument à ce que le consommateur demeure au cœur de l’Union européenne du futur et s'inquiète de certaines options envisagées par la Commission dans son livre blanc sur l'avenir de l'UE à Vingt-sept (EUROPE 11736).
Jugeant primordial de protéger les intérêts des consommateurs, conformément à l’article 12 du Traité sur le fonctionnement de l’UE, il se dit convaincu que l’UE a obtenu « des avancées impressionnantes » pour ce qui est de « protéger la santé et la sécurité des consommateurs et dans la promotion de leurs intérêts juridiques et économiques ». Ce sont les termes utilisés par Monique Goyens, directrice générale de cette organisation, dans son courrier dont la commissaire à la Justice et aux Consommateurs, Věra Jourová, est destinataire en copie.
Partant, le BEUC considère que les scénarios 2 (le marché intérieur et rien d'autre) et 4 (faire plus avec moins), « qui semblent perdre de vue que la politique des consommateurs est et doit être partie intégrante de toute politique économique et, par conséquent, de la politique du marché unique de l'UE », sont à écarter. Mme Goyens argumente qu'« il n'y a pas de marché unique possible sans une politique des consommateurs forte » et met en exergue les contradictions du scénario 4. Celui-ci, tout en impliquant un approfondissement du marché unique dans certains nouveaux domaines clés, réduirait la politique des consommateurs de l'UE à un minimum, alors même que « de nouveaux domaines du marché unique, comme l'Internet des objets, ne fonctionneront pas si des normes de protection des consommateurs ne suivent pas les développements sur le marché. » Le scénario 4 prévoit en outre une politique commerciale ambitieuse, alors « qu'il n'y a pas de politique commerciale commune possible sans politique commune des consommateurs », estime le BEUC.
Dernier argument - et non des moindres, invoqué par Mme Goyens : celui du rapprochement des citoyens de l'UE. « Une politique des consommateurs sur laquelle on communique bien et qui soit inclusive est le meilleur instrument pour démontrer la valeur ajoutée de l’UE aux groupes de population qui ont perdu confiance dans les institutions de l’UE », fait-elle valoir.
À l'appui de son argumentaire, le BEUC recense, dans une brochure, tout ce qu'il considère être les bénéfices tangibles de la politique des consommateurs de l'UE, jusqu'ici engrangés. Cette brochure est accessible en ligne :
http://www.beuc.eu/publications/beuc-x-2017-033_mgo_list_of_tangible_eu_consumer_wins.pdf. (Aminata Niang)