Pour réduire de moitié le gaspillage annuel de 88 millions de tonnes d’aliments comestibles dans l’UE à l’horizon 2030, les députés de la commission de l’environnement du Parlement européen ont énoncé, mardi 11 avril à Bruxelles, une recette dont ils espèrent qu’elle sera suivie.
La recette, énoncée dans un projet de résolution adopté à l’unanimité, compte parmi ses ingrédients une définition claire du gaspillage alimentaire, une méthode commune pour le mesurer, un objectif juridiquement contraignant de réduction de 50% d’ici 2030 et un objectif d’au moins 30% d’ici à 2025 pour les États membres, des mesures correctives de la législation européenne afin de faciliter les dons alimentaires et des campagnes de sensibilisation et d'information des consommateurs afin de lever chez eux toute confusion entre date de consommation recommandée (date de durabilité minimale [DDM] au-delà de laquelle un aliment peut encore être consommé) et date limite de consommation (DLC) des aliments.
Les députés ont largement suivi leur rapporteur, l’eurodéputée croate Biljana Borzan (S&D), partisane d’une méthode holistique et coordonnée pour donner corps à l’initiative relative à l’utilisation efficace des ressources pour la réduction de ce fléau des pays riches et l’augmentation de la sécurité alimentaire, dans le cadre du plan d’action de l’UE en faveur de l’économie circulaire (EUROPE 11745, 11705).
« Dans les pays développés, les denrées alimentaires sont gaspillées surtout en bout de chaîne, aux étapes de la distribution et de la consommation. Il est de la responsabilité de chacun de s’attaquer à ce problème. Nous appelons à une réponse politique coordonnée en matière d’étiquetage, de responsabilité et d’éducation, puisque les consommateurs ne comprennent pas la signification précise des mentions 'à consommer de préférence avant le’ et 'à consommer jusqu’au' », a souligné Mme Borzan.
De l'avis des eurodéputés, les autorités nationales et les parties prenantes doivent aider les consommateurs à comprendre que les denrées alimentaires sont consommables après la date de durabilité minimale. La Commission devra, quant à elle, évaluer les bénéfices potentiels du retrait de certaines dates sur les produits ne présentant aucun risque pour la santé et l'environnement.
Les députés souhaitent que la Commission propose une modification de la directive TVA pour autoriser de façon explicite les exonérations fiscales des dons alimentaires et le renforcement du Fonds européen d'aide aux plus démunis pour financer les coûts de collecte, de transport, de stockage et de distribution des dons.
Le Parlement européen votera sur ce projet de résolution lors de la session plénière de la mi-mai (15-18 mai). (Aminata Niang)