Plusieurs maires de grandes villes ont rencontré la commissaire européenne à la Politique régionale, Corina Crețu, pour faire entendre leur voix dans la gestion des flux migratoires au niveau local, lors d’une table ronde à Amsterdam, mardi 7 février.
Les maires d'Amsterdam, Athènes, Barcelone, Gand, Gdańsk et Riga, ainsi qu'un représentant de Berlin, ont discuté avec la commissaire des moyens à leur disposition pour faire face à l’afflux important de primo-arrivants et les intégrer, ainsi que des obstacles auxquels ils sont quotidiennement confrontés.
Les villes seraient en effet souvent sujettes à la réticence des gouvernements nationaux à coopérer avec elles sur les questions migratoires, a expliqué à EUROPE Thomas Jezequel, conseiller politique sur l’intégration des migrants auprès d’Eurocities. Le problème, a-t-il poursuivi, réside dans le fait que l’échelon national garde en grande partie la main sur la gestion des fonds européens (EUROPE 11561). Une situation qu’illustrerait l’absence d’États membres à la table ronde, a-t-il relevé.
DG REGIO plus coopérative que DG HOME. Sur la base de ce constat, les villes cherchent à sensibiliser la Commission européenne sur leurs difficultés. Problème : le niveau de réponse serait différencié selon les services de l'institution européenne. Le dialogue avec la Direction générale à la Politique régionale (DG REGIO) serait ainsi plus simple qu’avec la direction chargée de la Migration (DG HOME), selon M. Jezequel. Cette situation s’expliquerait par la nature du portefeuille, les politiques migratoires étant avant tout de la compétence des États membres. « La coopération avec la DG HOME sur le plan technique est excellente, mais nous avons plus de difficultés à instaurer un dialogue similaire sur le plan politique », selon le conseiller politique.
Il s’agissait de la deuxième réunion de la sorte entre les villes et la Commission européenne, la première remontant à avril 2016 (EUROPE 11525). La prochaine réunion dédiée au défi migratoire devrait se tenir à Athènes d’ici à la fin de l’année. « Avec cette fois-ci, les États membres », a espéré M. Jezequel.
La politique urbaine a gagné en acuité avec l’adoption en mai dernier de l’agenda urbain pour l’UE (EUROPE 11553). Cette nouvelle politique, qui reste dans le giron intergouvernemental, fait la part belle à l’intégration des migrants et a mis en place un partenariat consacré à cette thématique (EUROPE 11648). (Pascal Hansens)