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Bulletin Quotidien Europe N° 11720
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / GrÈce

Le FMI divisé sur la dette grecque

Le FMI a reconnu être divisé sur la dette grecque, lundi 6 février, à l’issue d’une réunion de son conseil d’administration.

« Certains directeurs avaient des opinions différentes sur la trajectoire budgétaire et la viabilité de la dette », a expliqué l’institution basée à Washington, dans un communiqué de presse.

« La plupart des directeurs ont convenu que la Grèce n’avait pas besoin de consolidation (budgétaire) supplémentaire à ce stade, compte tenu de l’impressionnant ajustement à ce jour qui devrait apporter un excédent budgétaire primaire à moyen terme d’environ 1,5% du PIB, tandis que certains directeurs préfèreraient (s'en tenir à) un excédent de 3,5% du PIB d’ici à 2018 », poursuit le FMI.

Les Européens et l’institution de Washington s'opposent sur les fruits de l'effort budgétaire d'Athènes et la durée de l'effort que la Grèce devra accomplir après 2018, année de sa sortie espérée de son 3ème plan de sauvetage. Le FMI estime qu’avec les mesures convenues dans le programme d’ajustement économique grec, la Grèce n’atteindra qu’un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 1,5% du PIB d'ici à 2018, alors que ses objectifs sont fixés à 3,5%. De deux choses l’une : soit la Grèce prend davantage de mesures pour dégager des moyens devant servir à rembourser sa dette, soit les Européens devront consentir à un allègement plus important de la dette grecque.

Le FMI ne peut rejoindre un plan d’aide si la dette publique du pays assisté n’est pas considérée comme viable à moyen terme. Or, dans un rapport qu’a révélé le Financial Times, la dette grecque serait, selon le FMI, sur une trajectoire « explosive ». Selon les projections du Fonds, la dette grecque atteindra 170% du PIB d’ici 2020 et 164% en 2022, « mais deviendra explosive au-delà », atteignant 275% du PIB d’ici à 2060.

« La plupart des directeurs ont considéré que, malgré les énormes sacrifices de la Grèce et le soutien généreux des partenaires européens, une réduction accrue de la dette grecque pourrait bien être nécessaire pour restaurer la viabilité de la dette. Ils ont souligné le besoin de calibrer une telle réduction de la dette sur des hypothèses réalistes quant à la capacité de la Grèce de générer des excédents soutenus et une croissance à long terme », explique enfin le FMI.

La Commission européenne a dit prendre note des déclarations du FMI. Sa priorité est de conclure la seconde mission de suivi du troisième plan de sauvetage grec. (Élodie Lamer)

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