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Bulletin Quotidien Europe N° 11720
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ACTION EXTÉRIEURE / Chine

Mme Malmström exhorte Beijing à accélérer les réformes et à ouvrir son marché

Saluant l'engagement en faveur du libre-échange pris par le président chinois, Xi Jinping, lors du forum économique mondial de Davos, fin janvier, la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a appelé la Chine, lundi 6 février, à joindre le geste à la parole en accélérant les réformes et en ouvrant son marché, en particulier pour les investissements européens dont la situation s'est détériorée en 2016.

« Cette année, nous devrons être fermes pour tenir la Chine aux ambitions et aux aspirations du président Xi à Davos », a déclaré Mme Malmström lors d'un séminaire organisé à Bruxelles par l'association du patronat européen BusinessEurope et la Chambre de commerce de l'UE en Chine. « Je suis confiante que cette fois, cela se traduira en action, » a-t-elle assuré.

« Les perspectives d'échanges commerciaux et d'investissements de plus en plus ouverts dans les années à venir dépendent beaucoup de la capacité de la Chine à poursuivre les réformes », a insisté Mme Malmström, regrettant que la promesse faite en 2013 par le régime chinois d'une nouvelle phase de réformes pour donner au marché un rôle plus décisif dans l'économie, et renforcer l'État de droit et l'indépendance du pouvoir judiciaire « ne se soit pas concrétisée ».

« Les réformes ont parfois pris la direction opposée en renforçant le rôle de l'État et en réduisant l'espace pour le secteur privé. L'État garde le contrôle sur une grande partie de l'économie, faussant la concurrence et l'investissement. Pendant ce temps, les investisseurs étrangers sont confrontés à un flot de barrières opaques et obscures - restrictions, discriminations, concurrence déloyale, inspections et audits douteux, procédures de licences discrétionnaires et plus encore », a-t-elle déploré.

Mme Malmström a aussi exhorté la Chine - deuxième partenaire commercial de l'UE, mais qui n'absorbe que 10% des exportations de l'UE quand celle-ci importe 20% des exportations chinoises - à offrir plus de réciprocité commerciale. « Je ne suis pas de ceux qui considèrent un déficit commercial intrinsèquement mauvais. Mais croire en l'ouverture ne signifie pas être naïf. Il reste beaucoup de litiges dans nos échanges et nous sommes loin d'un équilibre ou d'une approche réciproque », a-t-elle insisté.

En matière d'investissement, Mme Malmström a dit espérer « voir une nouvelle impulsion cette année » dans les négociations pour un accord bilatéral sur l'investissement, qui permettrait de résoudre un déséquilibre criant en faveur de la Chine.

« Cet accord offre beaucoup d'opportunités pour la Chine », dont les investissements dans l'UE dépassent de près de cinq fois ceux de l'UE en Chine, a souligné Mme Malmström. Et il permettrait de rétablir un équilibre en faveur de l'UE, dont les investissements ont chuté à un niveau inférieur à 8 milliards € en dix ans, « signe que le climat d'investissement s'aggrave » dans le pays, quand les investissements chinois dans l'UE ont atteint en 2016 « un niveau record » de près de 40 milliards €.

« Cet accord doit être crédible et doté d'un haut niveau d'ambition (pour les entreprises européennes, NDLR). Il doit en priorité absolue améliorer les conditions d'accès à l'investissement sur le marché chinois », a-t-elle insisté.

Mme Malmström a aussi plaidé pour que l'ouverture économique de la Chine s'accompagne de réformes politiques et sociales. « Le commerce doit aussi aller de pair avec les valeurs : le respect de l'État de droit et des droits de l'homme, ainsi que la protection de l'environnement et du travail », a-t-elle insisté, soulignant les attentes des consommateurs et entreprises de l'UE en matière de respect des règles de droit, d'indépendance de la magistrature, de liberté d'expression et d'association. « Nous continuerons à exhorter les autorités chinoises à s'acquitter de leurs obligations internationales et à respecter leur engagement en faveur de l'État de droit », a-t-elle promis.

Enfin, rappelant que la Chine était un « partenaire de négociation difficile » sur la gestion des surcapacités d'acier, sur la réduction des droits de douane, sur les biens environnementaux (dans le cadre des négociations pour l'accord EGA, NDLR), mais aussi sur la protection des indications géographiques, Mme Malmström a dit espérer que la Chine soutiendra la proposition portée par l'UE et le Canada de Cour multilatérale pour arbitrer les litiges en matière d'investissement. (Emmanuel Hagry)

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