Le président du groupe S&D au Parlement européen, l’Italien Gianni Pittella, a assuré, mercredi 18 janvier à Strasbourg au lendemain de l'élection à la présidence de l'institution européenne remportée par son rival du groupe PPE Antonio Tajani (EUROPE 11705), que son groupe n’allait pas s’opposer systématiquement ni bloquer les décisions prises au sein de l’Assemblée (voir autres nouvelles).
M. Pittella a réitéré que la 'Grande coalition', qu'avait scellée en 2014 les groupes PPE, S&D et ADLE, était bel et bien terminée. Ceci dit, le groupe social-démocrate compte collaborer avec la droite sur certains dossiers importants pour l’UE. « Nous voulons un PE fort qui soit prêt à prendre des décisions, mais nous ne sommes plus dans le carcan de la 'Grande coalition' selon laquelle, si vous n’êtes pas d’accord avec l’axe de cette coalition, vous devez en sortir ». M. Pittella accepte de travailler sur des dossiers avec les chrétiens-démocrates ou les libéraux à condition de trouver des points de convergence.
De même, l'élu italien essaiera de se mettre d’accord avec les groupes GUE/NGL et Verts/ALE sur certains sujets. Ces deux groupes ont apporté leur soutien au candidat S&D durant l'élection, même si des critiques ont été émises, notamment du côté des écologistes.
En répondant à une question de la presse, M. Pittella a répété que, selon lui, l'accord commercial en gestation avec les États-Unis (TTIP) « est mort ». S’agissant de l'accord commercial avec le Canada (CETA), qui devrait être soumis à l'approbation du Parlement début février, nous avons voté non à la saisine de la Cour de justice de l'UE, a-t-il rappelé (EUROPE 11674). Le groupe S&D ne s’opposera toutefois pas à un approfondissement de certains aspects du CETA, a indiqué M. Pittella.
Une nouvelle phase politique s'ouvre
Cette rupture du pacte sur l’alternance au perchoir du PE a permis, selon M. Pittella, d’introduire « une confrontation saine » entre les différentes sensibilités politiques au sein de l’Assemblée. « La victoire revient à la démocratie. J’ai été mis en échec par le nombre de voix, mais je salue l’unité de mon groupe politique », a-t-il souligné. Il veut représenter une alternative à la droite en Europe pour régler les problèmes rencontrés par les citoyens.
Pour M. Pittella, une nouvelle phase politique s’ouvre désormais. Il y a, d’un côté, un bloc conservateur composé des groupes PPE, ADLE et CRE qui « n’a pas la majorité pour délibérer au PE sur le plan législatif » et, de l’autre, des forces progressistes tentent de mettre en place une plateforme commune, a expliqué le leader social-démocrate. Il a stigmatisé les contradictions qui existent dans l’axe PPE/ADLE/CRE en matière de droits de l’homme, de liberté d’information et sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Et il a dénoncé les thèses ultralibérales qui y sont défendues. Et M. Pittella de réitérer la volonté du groupe S&D de changer la politique économique, les politiques d’austérité défendues à droite étant - selon lui - la cause principale de la crise que l’UE a traversée.
Le leader social-démocrate a promis que la deuxième partie de la législature sera bien moins ennuyeuse que la première, grâce à ce nouveau contexte politique. (Lionel Changeur)