Le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), Jan Wörner, a annoncé lors d’une conférence de presse, mercredi 18 janvier, de multiples pannes des horloges atomiques des satellites constituant la constellation du programme de navigation européen, Galileo, ce qui pourrait avoir pour conséquence éventuelle le report du lancement des prochains satellites.
Les horloges atomiques ont un rôle crucial dans la précision des satellites de navigation, a expliqué le directeur général en guise d’introduction, précisant que, pour améliorer la précision et la fiabilité du système Galileo, pas moins de quatre horloges atomiques ont été installées par satellite. Or, M. Wörner a indiqué qu’à l’heure actuelle, pour des raisons inconnues, 9 horloges sont tombées en panne (3 horloges au rubidium et 6 masers à hydrogène passif). Selon une autre source, 5 satellites seraient affectés pour l’heure sur une constellation constituée de 18 satellites.
La question de l’origine de ces pannes est cruciale pour déterminer si elles seront systématiques ou non, afin de décider de reporter la mise sur orbite des prochains satellites pour compléter la constellation, a poursuivi le directeur général. La question est plus complexe qu'elle ne semble l'être, a-t-il ajouté, car ne pas lancer de nouveaux satellites pourrait avoir pour conséquence de réduire la capacité de la constellation à terme, tandis que d’en envoyer de nouveaux permettrait de « maintenir, voire d’augmenter », la capacité de la constellation. Un satellite est en effet jugé opérationnel tant qu’au moins une horloge fonctionne à son bord.
Il s’agit d’une nouvelle inquiétante alors que les services initiaux ont tout juste été lancés en décembre dernier (EUROPE 11689), d'autant plus que le programme spatial Galileo occupe une place primordiale au sein de la stratégie spatiale européenne et devrait aussi être affecté à des fins de sécurité et de défense par les États membres (EUROPE 11655). (Pascal Hansens)