À la veille de la prise de fonction du président américain élu, Donald Trump, la Commission européenne a fait savoir, mercredi 18 janvier, qu'elle ne renoncerait pas à son embargo sur le bœuf aux hormones.
« L'UE est en conformité totale avec le protocole d’accord signé en 2009 avec les États-Unis, qui établit un quota d'importation de plus de 60 000 tonnes de bœuf non traité aux hormones. Mettre un terme à ce quota ou imposer des droits de douane serait vraiment un recul significatif dans notre relation commerciale, relation dont nous espérons qu'elle pourra se poursuivre sur les mêmes bases », a expliqué à la presse un porte-parole de la Commission, Enrico Brivio, assurant toutefois que la Commission était « prête » à écouter les préoccupations que pourrait faire valoir Washington.
« Nous sommes très attachés à nos normes sanitaires et seuls des produits conformes à ces normes peuvent être acceptés dans l'UE. Nous n'avons jamais envisagé de revenir sur notre interdiction du bœuf traité aux hormones dans le cadre des négociations de libre-échange », a ajouté M. Brivio.
Avant de passer la main, l'administration du président américain sortant, Barack Obama, a remis sur la table, fin décembre 2016, l'épineux litige avec l'UE sur le bœuf aux hormones, avertissant que Washington pourrait relancer la bataille engagée à l'OMC en 1999 contre l'embargo européen.
Accusant l'UE de ne pas respecter les engagements pris dans le cadre de l'accord de 2009 et menaçant de rétablir ses mesures de rétorsion (des droits de douane imposés sur différents produits européens comme le roquefort, la moutarde ou les truffes), le bureau du représentant américain au Commerce (USTR) sortant, Michael Froman, a annoncé, le 22 décembre, le lancement d'une action obligeant l’UE à rendre des comptes et à revenir à la table des discussions.
Estimant que les négociations pour un accord de libre-échange UE/États-Unis (TTIP) auraient dû aborder et régler cette question, et que le retard pris dans les discussions la contraignait à « passer à l’action », l'administration Obama a lancé une consultation publique qui pourrait déboucher sur le rétablissement de sanctions commerciales.
TTIP, Mme Malmström impatiente de discuter avec l'administration Trump. Avant la prise de fonction de M. Trump, vendredi 20 janvier, la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, a indiqué, mardi 17 janvier, « avoir hâte » d'engager des discussions pour relancer les négociations TTIP avec la nouvelle administration américaine.
« La logique économique et stratégique d'un accord entre les deux plus grandes économies industrielles avancées du monde reste solide. [Depuis 2013], des progrès significatifs ont été réalisés vers la conclusion d'un accord équilibré et de haut niveau qui stimule la croissance, améliore la compétitivité et crée des emplois des deux côtés de l'Atlantique », insiste la Commission dans son communiqué, faisant valoir le rapport conjoint publié par la Commission et l'administration Obama, qui évalue l'état d'avancement des négociations TTIP depuis leur lancement, en juillet 2013, et après 15 rounds de pourparlers au plan technique (EUROPE 11705). (Emmanuel Hagry)