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Bulletin Quotidien Europe N° 11706
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Royaume-uni

Le discours de Mme May a le mérite d'apporter de la clarté, reconnait-on au PE

Les membres du Parlement européen ont dans leur ensemble salué, mercredi 18 janvier, les annonces faites la veille par le Premier ministre britannique, Theresa May, de sortir clairement du marché unique et de négocier un accord de libre-échange avec l’Union européenne une fois consommé le divorce entre l'UE et le Royaume-Uni  (EUROPE 11705).

Mais les députés ont toutefois mis en garde la responsable contre les appétits du gouvernement britannique dans la négociation, n'acceptant aucune menace ni chantage préalable.

Manfred Weber, chef de file du groupe PPE, s'est dit « évidemment reconnaissant » que Mme May ait apporté « quelques éclaircissements ». Mais « nous n’avons pas encore toute la clarté », a-t-il nuancé. L’Allemand s’est ainsi demandé ce que signifiait le fait de vouloir un accord de libre-échange qui permette le meilleur accès possible au marché unique européen. « On veut quitter le marché unique ou pas ? », s’est-il interrogé.

Quant aux menaces de Mme May de transformer le Royaume-Uni en paradis fiscal si les Vingt-sept n’accédaient pas à ses demandes, « on n’a jamais parlé de sanctionner mais on ne va pas se laisser menacer », a prévenu M. Weber, pour qui « on n’aura que des problèmes avec des menaces de ce type ».

Au nom du groupe ADLE, le Belge Guy Verhofstadt, qui sera le négociateur du PE sur le 'Brexit', il ne faut pas laisser au Royaume-Uni « tout le loisir de choisir » ce qui l'intéresse. « Cela ne peut pas marcher comme ça, il faut un accord juste », a-t-il estiméLe « mérite de la clarté » dans le discours de Mme May a aussi été salué par d’autres élus, comme la libérale française Marielle de Sarnez.

Pas de déclaration de guerre, selon M. Muscat

Plus tôt dans la journée, le Premier ministre maltais Joseph Muscat avait estimé qu’à la lecture de la presse britannique, il n’avait pas le sentiment d'« une déclaration de guerre » dans les propos de Mme May « que certains décrivent ». « Je pense que c’était une bonne chose plutôt que de dire de rester dans le marché unique mais avec des exceptions », avait-il dit aux députés lors de la présentation des priorités de la Présidence maltaise du Conseil de l'UE (voir autre nouvelle). « Dire qu’on va se retirer du marché unique et de l’union douanière car la priorité est le contrôle des frontières, je respecte ces positions », a commenté le leader social-démocrate.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui s'est entretenu avec Mme May mardi après-midi au téléphone, a estimé que le chef du gouvernement britannique avait « passé outre le paysage très flou » lié à sa posture initiale sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Il a répété que les négociations ne commenceraient qu’une fois reçue la « lettre d’adieu » de Londres.

La Commission et son négociateur en chef Michel Barnier ne veulent « pas se précipiter » dans cette négociation qui s'annonce « ardue », a indiqué M. Juncker, souhaitant « un accord équitable avec le Royaume-Uni mais aussi pour l’UE ». Mais le Royaume-Uni devra être « traité comme un pays tiers et je n’en n’ai pas l’habitude », a-t-il regretté.

Arrêt imminent de la Haute Cour de Londres

La Haute Cour de Londres se prononcera définitivement, mardi 24 janvier, sur le rôle du Parlement britannique dans l'activation de l'article 50 du traité déclenchant la procédure de retrait du Royaume-Uni de l'UE. Mardi, Mme May avait assuré que les députés britanniques auront leur mot à dire sur les négociations liées au 'Brexit'.  (Solenn Paulic avec Camille-Cerise Gessant)

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