Le protocole d'adhésion de l'Équateur à l'accord de libre-échange multipartite entre l'UE et des pays de la Communauté andine (Colombie et Pérou) est entré provisoirement en vigueur, dimanche 1er janvier.
Conclu en juillet 2014 (EUROPE 11125), signé le 11 novembre 2016 (EUROPE 11666) puis ratifié par le Parlement européen le 14 décembre (EUROPE 11689), l'accord de libre-échange entre l'UE et l'Équateur prévoit la suppression des droits de douane sur tous les produits industriels et de la pêche, et un accès au marché élargi pour les produits agricoles, ainsi que l'ouverture des marchés de services et des marchés publics. Il prévoit aussi de s'attaquer aux obstacles techniques au commerce.
Selon la Commission européenne, sa mise en œuvre intégrale permettra des économies de droits de douane de 106 millions € par an pour les exportateurs de l'UE et de 248 millions € pour les exportateurs équatoriens.
L'accord est asymétrique pour répondre aux besoins de développement de l'Équateur, en lui garantissant une libéralisation progressive sur 17 ans. Dès l'entrée en vigueur de l'accord, l'Équateur libéralisera seulement 60% de ses lignes tarifaires contre 95% pour l'UE.
L'accord offrira à l'Équateur un meilleur accès au marché de l'UE pour ses principales exportations (produits de la pêche, fleurs coupées, café, cacao, fruits et fruits à coque).
Les bananes bénéficieront aussi d'un taux préférentiel, mais un mécanisme de stabilisation est prévu pour que la Commission puisse examiner et envisager la suspension des préférences si un seuil annuel est atteint, à l'instar de ce qui est prévu dans les accords de libre-échange avec la Colombie et le Pérou, et avec l'Amérique centrale. À cet égard, un accord interinstitutionnel sur le mécanisme de stabilisation pour les bananes est intervenu le 13 décembre (EUROPE 11689).
Du côté européen, le secteur agricole bénéficiera d'un meilleur accès au marché pour ses produits et de la protection d'une centaine d'indications géographiques sur le marché équatorien. Des gains sont aussi attendus pour les secteurs des voitures et des machines.
L'accord prévoit aussi des engagements en matière de développement durable. L'application des conventions internationales sur les droits des travailleurs et la protection de l'environnement sera contrôlée en concertation systématique avec la société civile.
Enfin, l'accord vise à renforcer l'intégration régionale. La porte de l'accord multipartite reste ouverte au quatrième pays membre de la Communauté andine, la Bolivie.
Les échanges bilatéraux de marchandises entre l'UE et l'Équateur ont représenté 4,6 milliards € en 2015, dont 2 milliards € d'exportations pour l'UE. (Emmanuel Hagry)