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Bulletin Quotidien Europe N° 11688
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POLITIQUES SECTORIELLES / MÉdias

Le réseau Euranet Plus risque de s'éteindre

Trois cent cinquante programmes radiophoniques consacrés à l’Union européenne pourraient être amenés à disparaître le 7 mars prochain. Alors que le fossé se creuse chaque jour davantage entre l'UE et ses citoyens, le réseau Euranet Plus est actuellement menacé de disparition, faute de renouvellement de son contrat de service.

« Cela fait dix ans que nous devons batailler chaque année pour recevoir des financements européens. Le 7 mars prochain, le deuxième contrat de service d’Euranet arrivera à échéance. Et rien n’est prévu pour le remplacer », nous explique le directeur du réseau européen de radios Euranet Plus, Erlends Calabuig.

Une décennie de combat 

Le réseau Euranet Plus est composé de 18 radios publiques et privées, parmi lesquelles la RTBF (Belgique), Radio24 (Italie), BFM Business (France), Radio Romania (Roumanie) ou Polskie Radio (Pologne). Il est financé par le budget européen : en 2007, il a remporté un premier appel d’offres fixant son enveloppe annuelle à 6 millions d’euros pendant la période 2007-2012. Il a ensuite remporté en 2012 un second appel d’offres pour la période 2012-2016. « Le budget était similaire : 6,1 millions par an. Mais, malgré ce cadre pluriannuel, nous avons dû batailler chaque année pour recevoir effectivement cet argent », raconte Erlends Calabuig, expliquant être devenu, malgré lui, un « lobbyiste » plus qu’un « journaliste ».

Mais voilà, malgré les sollicitations, la Commission européenne refuse de renouveler son soutien à Euranet Plus de manière automatique, comme le réclame pourtant le réseau. Elle souligne que le contrat conclu en 2012 avec Euranet Plus limitait les renouvèlements possibles au nombre de trois « jusqu’à mars 2017 ». « Le budget des actions multimédia (ligne 09.05.05) a été sensiblement réduit dans le cadre financier pluriannuel 2014-2020 (une réduction de plus de 20% par rapport à 2007-2013) et est insuffisant pour poursuivre les actions en cours ». Elle poursuit : « Le contrat signé en 2012 avec Euranet a pu être prolongé grâce à des amendements en 2014 et en 2016. Pour ce qui concerne 2017, le Parlement et le Conseil sont parvenus à un compromis pour augmenter le budget des actions multimédia – auxquelles appartiennent Euronews et Euranet Plus - de 3 millions d’euros [NDLR : ce qui porte le budget total annuel à 22,6 millions d’euros]. La Commission soutient cette augmentation et allouera ce budget dès que possible », ajoute la porte-parole de la Commission.

Incertitudes pour 2017

Mais cet amendement au budget 2017 est loin de satisfaire Erlends Calabuig. « C’est beaucoup trop peu, surtout quand on sait qu’Euronews perçoit chaque année 25 millions d’euros ! », souligne-t-il. L’ancien directeur délégué à la présidence de RFI nous confie d’ailleurs être en train d’organiser la fermeture du réseau : il estime en effet qu’il est « très incertain » qu’Euranet participe au prochain appel d’offres « au vu des montants limités pour 2017 et du manque de volonté politique ». « Au total, c'est 350 programmes et plusieurs emplois permanents  qui sont menacés », conclut-il. 

En réponse à nos questions, la Commission européenne se défend de privilégier un média par rapport à un autre. « Il n'y a pas de favoritisme, car il s'agit de deux actions fondamentalement différentes. Pour Euronews, la Commission se base sur un accord-cadre portant sur des financements stables et solides reconnaissant la mission d’intérêt général de l'UE d'Euronews dans le domaine de l'information, la chaîne étant la seule à produire des nouvelles sur les enjeux européens avec une perspective paneuropéenne. Pour le réseau de radios Euranet Plus, l'action relève d'un appel d'offres compétitif pour la production d'informations sur les affaires européennes. Euranet Plus avait présenté en 2012 l'offre gagnante. Ce contrat ne pouvait  être renouvelé que trois fois, jusqu'à 2017 au maximum », explique Nathalie Vandystadt, porte-parole de la Commission pour ce qui concerne le marché unique numérique.  

Une « absurdité journalistique et politique », selon l'AJE-France 

Pour la branche française de l’Association des journalistes européens (AJE-France), cette menace n’est pas sans rappeler le cas de Presseurope.eu. Le site d’information qui traduisait en dix langues les articles les plus intéressants de la presse du continent avait dû, malgré son succès, mettre la clé sous la porte après avoir perdu, fin 2013, son contrat avec la Commission européenne. Pour l’AJE-France, arrêter Euranet Plus serait une « absurdité journalistique et politique » dans le contexte actuel « où les responsables de l’UE se lamentent du peu d’attention consacré par les médias à l’actualité de l’UE et où l’information sur les questions européennes apparaît plus importante que jamais en cette période de crise (…) et de défiance. », indique l’AJE-France. 

Selon la grande enquête coordonnée par l'Union européenne de radiotélévision, Génération What, une majorité de jeunes dans 10 pays européens ne fait pas du tout confiance à l’Europe (Portugal, Royaume-Uni, Danemark, Finlande, Suède, Estonie, Pologne, Roumanie, Croatie et Bulgarie). (Sophie Petitjean)

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