En réponse à la vague d’indignation qui a suivi l’embauche de son prédécesseur par la banque d’affaires Goldman Sachs, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a indiqué, samedi 5 novembre, qu’il souhaitait renforcer le code de conduite des commissaires européens.
L’ex-Premier ministre luxembourgeois veut désormais allonger, pour le président de la Commission, de 18 mois à 3 ans la période dite de ‘mise en retrait’, durant laquelle il doit demander une autorisation à son ancien employeur pour rejoindre un groupe privé. Le sujet sera débattu la semaine prochaine lors de la réunion hebdomadaire du collège des commissaires européens. M. Juncker soumettra ses propositions et le collège devra donner son feu vert. Il ouvre également la porte à un allongement de 18 à 24 mois de la période de ‘latence’ pour les simples commissaires.
Dans un entretien paru samedi dans le quotidien belge Le Soir, M. Juncker déclare : « Il faut changer le code éthique ». Or, jusqu'à présent, la Commission a toujours indiqué que changer le code de conduite n'aurait pas empêché les récentes affaires de pantouflage. Jean-Claude Juncker n’a accepté que tardivement – le 11 septembre – que l'embauche de son prédécesseur chez Goldman Sachs, annoncée en juillet, soit soumise à l’examen du comité d’éthique ad hoc.
Dans le cas de José Manuel Barroso, cette période a été respectée. Fin octobre, le comité d’éthique ad hoc a jugé que le choix du Portugais, ancien président de la Commission de 2004 à 2014 était, certes, peu judicieux, mais ne contrevenait pas au règlement.
« Si le collège des commissaires devait ne pas accepter cette position, je dirais publiquement que je ne prendrai pas d’emploi dans une banque ou une entreprise quelconque pendant trois ans. Même si par ailleurs je ne compte pas le faire plus tard non plus », assure Jean-Claude Juncker.
Au sujet des propos racistes et homophobes énoncés par le commissaire Günther Oettinger (EUROPE 11661, 11660), M. Juncker indique : « Je n’aurais pas dit ce qu’il a dit, car il donne l’impression de ne pas aimer les Chinois, les homosexuels, les Wallons et d’autres. Un commissaire ne peut tenir de propos pareils ». M. Juncker confirme qu’il lui a demandé de s’excuser « auprès de ceux qui ont pu se sentir visés ». Mais il pense « que ses propos n’ont pas traduit sa pensée. Par ailleurs, les commissaires devraient s’en tenir, dans leurs propos publics, aux problèmes qui touchent à leur portefeuille et ne pas donner libre cours à toutes sortes d’inspirations hasardeuses. Je le lui ai signalé », conclut M. Juncker. (Lionel Changeur)