La stratégie spatiale pour l’Europe, qui a été présentée par la Commission européenne mercredi 26 octobre, a été unanimement saluée par l’industrie spatiale et au Parlement européen. Seul point qui semble faire débat au sein de cette dernière institution : le renforcement du volet 'sécurité et défense' prévu dans la politique spatiale européenne.
Eurospace, l’organisation qui représente le secteur industriel spatial au niveau européen, a été ainsi la première a se féliciter de cette stratégie (EUROPE 11655). Son président, Jean-Loïc Galle, a qualifié la stratégie de « pierre angulaire » pour l’Europe, saluant le fait que, pour la première fois, la « Commission européenne reconnaît clairement que l’espace mérite une stratégie européenne globale dédiée », en d’autres termes, l’institution définit l’espace comme une politique stratégique à laquelle les États membres doivent se consacrer. Une première depuis l’introduction de l’article 189 dans le Traité de fonctionnement de l’UE (TFUE), qui attribue à l’Union des compétences claires dans le domaine, a commenté une source du secteur.
Eurospace peut se réjouir d’autant plus que les grands axes qu’elle avait énoncés plus tôt dans l’année, à savoir l’indépendance d’accès à l’espace, le soutien à l’industrie et à la recherche et une approche transsectorielle, ont été retenus dans la stratégie de la Commission européenne. Lors du lancement de la stratégie, la commissaire au Marché intérieur, Elsżbieta Bieńkowska, a notamment insisté sur l’importance de l’espace dans la vie quotidienne des citoyens européens, citant là l’un des leitmotivs du document politique d’Eurospace.
Même son de cloche du côté de l’ESOA, l’association européenne des exploitants de satellites, qui se réjouit de la reconnaissance faite par la Commission du rôle des satellites de communication, notamment dans la mise en place du futur réseau 5G. Aarti Holla, la secrétaire générale de l’organisation, rappelle en effet que le marché principal de l’industrie spatiale reste celui des télécommunications. L’EARSC, l’Association européenne de télédétection, s’est également réjouie de l’initiative de la Commission, celle-ci développant une stratégie qui est, dans sa majeure partie, favorable à son secteur d'activité.
Du côté des deux principaux groupes politiques du PE, la stratégie a été également chaleureusement accueillie. À commencer par le PPE. « Je me réjouis que la Commission européenne inscrive noir sur blanc sa volonté de renforcer notre autonomie d’accès à l’espace », a ainsi déclaré Franck Proust (français), vice-président de l’intergroupe du PE « Ciel & Espace ». L’eurodéputé considère que la Commission prend engagement pour une politique spatiale ambitieuse dotée d'un budget conséquent, ce que, Mme Bieńkowska, mais aussi le vice-président, Maroš Šefčovič, ont clairement confirmé à EUROPE lors de la conférence de presse sur la stratégie. Le S&D a également salué la stratégie par la voix de Constanze Krehl (allemande), pour qui la Commission a donné des « pistes concrètes » en vue de tirer au mieux profit du potentiel du secteur spatial, notamment des données.
Un point fera toutefois certainement débat : l’extension de la politique spatiale à des domaines de sécurité et de défense. Alors que le PPE a toujours été favorable à une telle évolution, le S&D semble plus récalcitrant, préférant voir le secteur spatial européen rester avant tout dans le domaine civil. (Pascal Hansens)