La Commission européenne a salué, vendredi 28 octobre, l’accord obtenu le même jour au sein de la commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) à Hobart, sur l’île de Tasmanie, qui permettra la création d’une zone protégée dans la mer de Ross, une immense baie côté Pacifique, sous juridiction néo-zélandaise (EUROPE 11642).
Ce projet d’aire marine protégée a été porté avec succès par les États-Unis et la Nouvelle-Zélande, et soutenu par l'UE. Il s’agira du plus grand sanctuaire marin au monde créé en Antarctique. Il s’étendra sur une superficie de plus de 1,55 million de kilomètres carrés, dont 1,12 million km² interdits à la pêche.
La Russie était le dernier pays à s’opposer au projet, en raison des droits de pêche (EUROPE 11423).
Un deuxième projet, à l’agenda de la réunion, porté par la France et l’Australie, n’a pas pu être approuvé faute de temps. Il portait sur une autre vaste zone marine protégée couvrant 1 million de km², dans l’est de l’Antarctique.
L’océan Antarctique, qui représente 15 % de la surface des océans, abrite des écosystèmes exceptionnels, riches de plus de 10 000 espèces uniques, en bonne partie préservés des activités humaines, mais menacés par le développement de la pêche et de la navigation.
Pour Karmenu Vella, le commissaire européen aux Affaires maritimes et à la Pêche, qui parle d'une décision historique, la création de cette première grande zone marine protégée en Antarctique est une étape importante pour la CCAMLR et pour les efforts déployés par l'UE pour promouvoir une meilleure gouvernance des océans au niveau international. Il espère que cette décision va préparer le terrain en vue de l'adoption de nouvelles aires marines protégées proposées par l'UE, comme autour de la mer de Weddell et à l'est de l'Antarctique. (Lionel Changeur)