Les ministres des Affaires étrangères des dix pays du bassin occidental de la Méditerranée, européens et maghrébins, se retrouvent ce vendredi 28 octobre à Marseille pour des échanges de vues sur « les crises régionales et la lutte contre le terrorisme et la radicalisation », sujet de forte préoccupation pour ces pays comme pour toute l’UE.
Cette réunion « nous permettra de renforcer notre dialogue et nos coopérations en matière de sécurité, dans un moment où les crises régionales, en Syrie, en Irak, en Libye, au Sahel et au Proche-Orient, bien sûr, sont un sujet de vive préoccupation. La lutte contre le terrorisme et la radicalisation seront au cœur des débats », affirme en annonce le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, qui en assumera la coprésidence avec le ministre marocain.
Le cadre est celui, intergouvernemental, du groupe '5+5', soit cinq pays européens riverains (Portugal, Espagne, France, Italie et Malte) et les cinq pays membres de l’Union du Maghreb Arabe (Libye, Tunisie, Algérie, Maroc et Mauritanie). L’UE est invitée en tant qu’observateur. La Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, y sera représentée, indique-t-on à Bruxelles.
Le thème de la jeunesse sera un des points mis en exergue dans l’ordre du jour, vendredi. « Les attentes de la jeunesse » (mobilité, formation et emploi) doivent être « prises en compte non seulement sur le plan économique, mais aussi sur les plans politique, social et culturel ». Une rencontre des ministres avec des jeunes des pays du ‘5+5’ aura lieu en marge de la réunion, indique-t-on depuis Paris.
Sur la crise migratoire, les ministres tenteront de dégager des « pistes communes de réponse à la crise (…) qui concerne l’ensemble des États membres du ‘5+5’ » . La lutte contre les changements climatiques sera abordée et, cela, à la veille de l’ouverture de la COP 22 qui se tiendra au Maroc (Marrakech, 7-18 novembre 2016) avec l’idée de « construire en Méditerranée un modèle de développement partagé et durable ».
L’un des avantages cités de cette coopération sous-régionale informelle – non encadrée par un traité ou accord général – est de permettre un dialogue direct, axé sur les solutions pratiques et réalisables, presqu’au « coup par coup ».
L'Algérie, appelée à prendre le relais de la coprésidence, au nom des pays de la rive sud, propose déjà, dans un communiqué, « l'élargissement des segments sectoriels de coopération, illustrée, notamment, par l'adoption, le 31 mars 2015 à Alger, d'une Stratégie sur l'eau en Méditerranée occidentale ». Elle affirme aussi sa volonté d’agir « en faveur du renforcement du dialogue politique et de la coopération » et surtout dans le cadre d'une coopération accrue dans le domaine de la sécurité.
Une réunion des chefs d'état-major des armées des dix pays membres au titre d’une initiative '5+5 Défense' a eu lieu le 19 octobre à Alger. Pour l'Algé+rie, l'initiative '5+5 Défense' constitue « l'un des espaces régionaux les plus actifs en terme de coopération multilatérale, de concertation et de dialogue sur les enjeux de sécurité ».
« Dans un contexte régional marqué par la densité des activités de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, accentué par les risques engendrés par les flux migratoires dans la région, les pays membres du '5+5 Défense', (sont) les premiers acteurs de notre sécurité par notre capacité à nous rassembler autour d'un dialogue régulier et d'une coopération militaire à valeur ajoutée », avait déclaré à l’ouverture, le représentant de l’état-major algérien.
Les chefs d’état-major avaient recommandé, à l’issue de leurs discussions, une « montée en puissance » de la coopération dans le bassin occidental. Ils ont également souligné, selon l’agence de presse algérienne, « la prise en compte par l'Initiative '5+5 Défense' de nouveaux domaines d'intérêt tels que la cyberdéfense et le changement climatique et ses incidences sur la sécurité ». (Fathi B’Chir)