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Bulletin Quotidien Europe N° 11607
POLITIQUES SECTORIELLES / Ogm

L’autorisation par la Commission de trois sojas traités par des mélanges de pesticides alimente la polémique

L’autorisation d'importation de trois sojas génétiquement modifiés des sociétés Bayer et Monsanto destinés à l’alimentation humaine ou animale, accordée par la Commission européenne fin juillet (EUROPE 11999), a suscité l’indignation de l’ONG Testbiotech, pour des raisons de santé publique, et la satisfaction modérée de l’industrie européenne des biotechnologies, eu égard au temps qu’il a fallu pour accorder cette autorisation.

Des risques sanitaires non évalués. Testbiotech (Institute for Independent Impact assessment in Biotechnology) avait dénoncé la présence potentielle sur ces OGM de mélanges toxiques de pesticides (le glyphosate et d’autres herbicides comme le dicambo ou l’isoxaflutote) dont les risques n’avaient pas été évalués par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). L'ONG accuse en conséquence la Commission d’avoir cédé au lobbying intense de l’industrie. 

L’ONG déplore que ces OGM, cultivés dans des pays comme l’Argentine, le Brésil et les États Unis, puissent être utilisés dans l’alimentation humaine et animale en dépit de préoccupations persistantes concernant leurs risques pour la santé (EUROPE 11471 et 11460). « Cela ressemble fort au prix à payer pour les accords de libre-échange TTIP et CETA. L’industrie des biotechnologies agit déjà comme co-décideur à Bruxelles », ironise Christoph Then directeur de l’ONG qui compte entamer un recours.

Six mois de retard. De son côté, l'organisation Europabio salue l’autorisation mais déplore « plus de six mois de retard » dans son octroi. Un retard de la Commission qui préoccupe l’industrie car il « ne reflète pas l’engagement de garantir des principes scientifiques malgré les bénéfices incontestables du commerce des OGM », selon Beat Späth, directeur pour les biotechnologies agricoles chez EuropaBio.

M. Späth rappelle que l’UE est dépendante à plus de 80% des importations pour les protéines végétales. L’Association européenne des bio-industries rappelle en outre que, selon la décision de janvier 2016 de la Médiatrice européenne Emily O’Reilly, les produits auraient dû être approuvés il y a deux mois et demi au plus tard et que tout retard est susceptible de constituer un cas de mauvaise administration contraire aux obligations légales de la Commission. (Aminata Niang)

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