La chancelière allemande, Angela Merkel, a estimé que les règles budgétaires européennes contiennent « une marge relativement importante de flexibilité que nous devons utiliser avec sagesse », lundi 22 août lors d'une rencontre trilatérale au large de Naples avec le Premier ministre italien, Matteo Renzi, et le président français, François Hollande (voir autre nouvelle).
Mme Merkel a salué les efforts de réforme du gouvernement italien, efforts qui constituent la condition à l'activation des marges de flexibilité inscrites dans le Pacte de stabilité et de croissance. « Matteo Renzi a entrepris des réformes courageuses incluant le 'Jobs Act' ici en Italie. Cela ne produira pas ses effets dans les quatre prochaines semaines mais cela définit les bases pour une croissance positive et durable en Italie », a-t-elle considéré. Au cours du 2ème trimestre, le PIB n'a pas progressé en Italie ni en France.
Située dans le volet préventif du Pacte (déficit public inférieur à 3% du PIB), l'Italie bénéficie des flexibilités inscrites dans les règles budgétaires au titre notamment des investissements engagés, des réformes poursuivies et des efforts effectués en matière d'accueil de réfugiés (EUROPE 11553). Alors qu'elle s'est engagée à réduire son déficit public à « 1,8% du PIB en 2017 », l'Italie peut dévier de sa trajectoire budgétaire à moyen terme à hauteur de 0,75% du PIB maximum. La Commission vérifiera en novembre que le projet de budget italien pour 2017 respecte les engagements pris.
Critique constante des partisans de l'austérité économique, M. Renzi s'était prononcé, fin juin, contre l'imposition d'une amende financière à l'Espagne et au Portugal qui n'avaient pas pris les mesures suffisantes pour respecter leur trajectoire budgétaire entre 2013 et 2015 (EUROPE 11605).
Selon la presse italienne, le gouvernement du pays cherche à obtenir de nouvelles marges de flexibilité budgétaire, quantifiées à hauteur de 10 milliards d'euros par le vice-ministre italien au Trésor Enrico Morandi, en vue de l'élaboration du projet de budget 2017 et en échange de nouvelles réformes structurelles. (Mathieu Bion)