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Bulletin Quotidien Europe N° 11572
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) libye

Amnesty international inquiète de la coopération avec l'UE sur les migrants

Bruxelles, 14/06/2016 (Agence Europe) - L'ONG Amnesty international a souligné, mardi 14 juin, ses inquiétudes concernant l'annonce de l'UE d'étendre l'opération navale EUNAVFOR MED Sophia à la formation des gardes-côtes, estimant que cela pourrait « alimenter les mauvais traitements et les conditions horribles » auxquels font face les réfugiés en Libye.

« Bien sûr, les capacités de recherche et de sauvetage des garde-côtes libyens doivent s'améliorer pour sauver des vies en mer, mais la triste réalité est que les garde-côtes libyens interceptent et renvoient des milliers de personnes dans des centres de détention où ils souffrent de torture et d'autres abus. Il est essentiel que tout soutien de l'UE n'alimente pas ni ne perpétue les violations abominables des droits de l'homme », a souligné Magdalena Mughrabi, directrice adjointe intérimaire pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty International. L'UE doit accentuer ses efforts pour que les gardes-côtes libyens réalisent leurs opérations en ligne avec les droits de l'homme, a-t-elle ajouté.

L'organisation a précisé avoir interrogé 90 survivants de la traversée de la Méditerranée depuis la Libye et qu'au moins 20 d'entre eux avaient parlé de fusillades et de passages à tabac quand ils avaient été récupérés par les garde-côtes libyens et de torture et de mauvais traitement dans les centres de détention. Selon un témoignage les garde-côtes auraient laissé couler un bateau de migrants.

« L'Europe ne devrait même pas penser à des accords de coopération sur la migration avec la Libye, si cela aboutit, directement ou indirectement, à de telles violations choquantes des droits de l'homme », a insisté Mme Mughrabi, regrettant que l'UE ait montré « à maintes reprises » qu'elle était prête à arrêter les réfugiés et les migrants « presque à tout prix », en laissant de côté les droits de l'homme.

Interrogé par EUROPE, un porte-parole de l'UE pour les affaires étrangères a expliqué que la formation de l'UE envers les gardes-côtes « prendrait évidemment sérieusement en compte et intégrerait le respect des droits de l'homme et des normes et obligations internationales ». Il a précisé que l'UE était consciente des conditions « extrêmement difficiles » auxquelles font face les réfugiés et migrants et qu'elle condamnait toute arrestation illégale, détention et mauvais traitement de migrants en Libye. Par ailleurs, l'UE finance des programmes, à hauteur de 30 millions d'euros, liés à la migration en Libye, programmes qui facilitent le retour volontaire des migrants bloqués, aident les personnes vulnérables, y compris les migrants dans les centres de rétention, et les personnes touchées par le conflit, y compris les migrants. (Camille-Cerise Gessant)

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