Bruxelles, 01/06/2016 (Agence Europe) - Si le Premier ministre slovaque, Robert Fico, s'est voulu rassurant, lors de sa visite à Bruxelles, mercredi 1er juin, répétant à plusieurs reprises qu'il sera, pendant la Présidence tournante de son pays, « un courtier honnête », il a cependant rappelé que son pays n'allait pas changer de position, alors que la Slovaquie est critiquée sur la crise migratoire.
« Nous réalisons pleinement (ce qu'est) le rôle de pays [qui assure] la Présidence ; nous voulons être un 'courtier honnête' (honnest broker) », a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. « Mais cela ne signifie pas que nous sommes prêts à changer nos positions nationales, cela veut juste dire que nous n'allons pas les mettre sur la table », a-t-il prévenu. Le président de la Commission européenne a confirmé que le Premier ministre slovaque lui avait promis d'être un « dirigeant très pro-européen pendant les six prochains mois ».
Sur l'un des dossiers les plus sensibles de la Présidence, à savoir la migration et, notamment, la réforme du règlement de Dublin sur les responsabilités des États membres en matière d'asile, Robert Fico a confié qu'il serait « difficile » de trouver des accords sur certaines propositions de la Commission et, en premier lieu, la réforme de Dublin.
Mais « notre gouvernement fera de son mieux » pour favoriser les adoptions les plus rapides que possible, a assuré le Premier ministre. Reprenant cette posture d'honnête courtier qu'il souhaite être pendant ces six mois, M. Fico a assuré que tous les sujets seraient mis sur la table, cela alors que son pays conteste la politique de relocalisation de demandeurs d'asile lancée en septembre 2015. Mais la Slovaquie fera en sorte que « chaque État membre ait son mot à dire ».
Le Premier ministre slovaque a aussi précisé que certaines propositions étaient bienvenues, comme celles sur la future Agence de gardes-frontières européens ou la volonté de restaurer intégralement l'espace de libre circulation Schengen d'ici à la fin 2016, comme le prévoit la Feuille de route de la Commission.
Le Premier ministre a reconnu que les premiers temps de la présidence seraient dominés par ce sujet de la migration, mais aussi celui du référendum britannique. Sur ce sujet, Robert Fico a estimé qu'il serait dans l'intérêt des deux parties que le « Royaume-Uni reste ». Il pense d'ailleurs que les électeurs britanniques voteront pour rester.
Enfin, le Premier ministre slovaque a précisé qu'en plus d'une migration « durable », les priorités slovaques portaient sur une Europe économique plus forte, le développement du marché intérieur, en particulier en ce qui concerne le numérique, et les aspects extérieurs (EUROPE 11550). Il a aussi souhaité que l'Union européenne communique dans un langage plus compréhensible pour les citoyens européens. (Solenn Paulic et Camille-Cerise Gessant)