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Bulletin Quotidien Europe N° 11521
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) sÛretÉ alimentaire

Pesticides et cerises, la France saisit la Commission d'une demande d'interdiction immédiate du diméthoate

Bruxelles, 30/03/2016 (Agence Europe) - Sauf à interdire l'utilisation du diméthoate dans l'ensemble de l'UE, ce sont les agriculteurs français qui feront les frais de l'interdiction nationale de cet insecticide utilisé avec succès contre la mouche Drosophila Suzukii ravageuse de fruits et légumes, mais potentiellement dangereux pour la santé des consommateurs, estime le ministre français de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.

D'où la décision qu'il a prise, mardi 29 mars, de saisir, en urgence, la Commission européenne d'une demande d'interdiction immédiate, dans l'UE, de cet insecticide systémique organophosphoré à large spectre, efficace contre les mouches et la plupart des diptères, dont l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a laissé aux États membres le soin d'évaluer la dangerosité au cas par cas.

'Non' à la concurrence déloyale. Redoutant un problème de distorsion de concurrence pour la filière arboricole française et, en particulier, les producteurs de cerises, le ministre a également demandé une interdiction immédiate de mise sur le marché, sur tout le territoire européen, de cerises provenant de pays ou d'États membres dans lesquels l'utilisation du diméthoate est autorisée.

La procédure d'urgence impose à la Commission de se prononcer dans les 7 jours. Dans l'éventualité où la Commission européenne n'aurait pas répondu dans ce délai, le ministre annonce, par voie de communiqué, que « la France déclenchera une clause de sauvegarde nationale pour interdire la commercialisation en France de cerises traitées au diméthoate, qu'elles soient produites en France ou ailleurs dans le monde ».

En 2013, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a identifié un risque potentiel pour la consommation de denrées traitées avec du diméthoate, renvoyant aux États membres le soin de statuer au cas par cas, produit par produit et usage par usage sur le niveau de risque pour le consommateur.

Une possible mesure de sauvegarde française. En France, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) a conclu, à la fin de 2015, à la nécessité de retirer le produit DIMATE BF400 (un produit à base de diméthoate), sauf si l'entreprise détentrice de l'autorisation pouvait apporter des données permettant d'écarter tout risque de toxicité. En l'absence de transmission de données par l'entreprise sur les fruits pour l'ensemble de l'UE, l'ANSES a retiré l'autorisation de mise sur le marché de ce produit en février 2016.

« La lutte contre la mouche Drosophila Suzukii est un enjeu majeur pour la filière arboricole. En effet, les larves de cet insecte détruisent les fruits, occasionnant des pertes de production considérables », souligne le communiqué du ministre Le Foll. Il rappelle que l'utilisation du DIMATE BF 400, utilisé au mois d'avril, constituait jusqu'ici l'une des solutions pour lutter contre ce ravageur. (Aminata Niang)

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