Bruxelles, 30/03/2016 (Agence Europe) - Depuis un an, deux tiers des États membres ont pris des mesures pour moderniser leur système d'éducation, selon un rapport publié par la Commission européenne quelques jours avant les attentats de Bruxelles.
Pour rappel, 26 ministres européens de l'Éducation s'étaient réunis le 17 mars 2015 pour discuter du radicalisme religieux, à la suite des attaques perpétrées en janvier 2015 contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher à Paris. Ils y avaient pris l'engagement solennel de mieux coopérer pour s'assurer que les enfants et les jeunes adultes acquièrent des compétences sociales, civiques et interculturelles et renforcent leur esprit critique, en particulier sur Internet. Un an plus tard, la Commission européenne fait le point sur les mesures qui ont été prises à l'échelon national et européen.
Mesures nationales. Dans un rapport publié le 17 mars 2016, la Commission européenne indique que deux tiers des États membres ont pris des mesures pour se conformer à la déclaration de Paris. La Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie et la Slovénie n'ont pas pris de disposition spécifique, principalement parce que des réformes avaient déjà eu lieu avant l'adoption de la déclaration, estime la Commission. Elle note en outre que des mesures sont en discussion en Roumanie, en Croatie et en Grèce. « Les mesures sont variées: elles incluent des stratégies nationales ou des plans d'action, des nouvelles réglementations ou des mises à jour, des programmes ou des projets à grande échelle ainsi que l'établissement de groupes d'experts ou d'organes spécialisés », observe le rapport.
Mesures européennes. Le commissaire européen Tibor Navracsics affirme que l'Union européenne n'est pas en reste. Depuis l'adoption de la déclaration de Paris, la Commission a lancé deux appels à propositions: le premier, ouvert du 15 mars au 30 mai 2016, vise à aider les enseignants et les éducateurs à mener leurs projets sur le terrain à hauteur de 13 millions d'euros. Le second, ouvert du 15 décembre 2015 au 14 avril 2016, vise spécifiquement les États membres souhaitant travailler sur l'expérimentation politique dans le domaine de l'éducation, de la formation et de la jeunesse, à hauteur de 14 millions d'euros. Elle a également mis en place deux groupes d'experts pour travailler sur la radicalisation des jeunes, le premier axé sur l'éducation et la formation et le second sur l'emploi des jeunes. En outre, la Commission pourrait débloquer jusqu'à 400 millions d'euros en 2016 dans le cadre d'Erasmus+ pour soutenir des projets qui promeuvent les valeurs européennes et des systèmes éducatifs plus inclusifs. Le commissaire affirme également que la promotion de l'inclusion sociale a été réaffirmée dans le cadre de la stratégie Éducation et Formation 2020 (ET2020) et de la politique de la jeunesse. En ce qui concerne les initiatives futures, le commissaire devrait: (1) constituer un réseau d'ambassadeurs dans les écoles au niveau européen ; (2) lancer en 2017 une campagne sur 'l'apprentissage inclusif en pratique' avec la société civile pour soutenir l'inclusion et les valeurs fondamentales au niveau local ainsi qu'une étude sur les pratiques nationales sur l'éducation à la citoyenneté via le réseau Eurydice. Toutes ces initiatives devraient être reprises dans une communication sur le radicalisme religieux, à paraitre dans les prochaines semaines ou les prochains mois.
Plusieurs recommandations. Le 17 mars, la Commission a également publié un rapport qui analyse le rôle joué par l'éducation dans l'apprentissage de la tolérance, du respect de la diversité et de la responsabilité civique. Ce document, d'une centaine de pages, formule une série d'observations et adresse 28 recommandations à l'égard des décideurs politiques et des institutions scolaires. Il affirme, par exemple, que les enseignants ont besoin d'être formés à la diversité: « La compétence interculturelle des professeurs en Europe a besoin d'être renforcée. Aussi, à l'heure actuelle, il y a un manque patent de diversité parmi les enseignants et les directeurs dans les écoles en Europe ». Autre observation: l'apprentissage de la langue maternelle a un impact profond sur l'identité et le bien-être d'une personne. « Une formation efficace à une seconde langue et au multilinguisme bénéficie tant aux étudiants majoritaires que minoritaires, même si cela existe peu en Europe », note le rapport. Lien: http://ec.europa.eu/education/news/2016/0316-paris-declaration-education_en.htm (Sophie Petitjean)
= = = = = = = = = = = =