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Bulletin Quotidien Europe N° 11493
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) cohÉsion

La lente substitution des subventions par les instruments financiers préoccupe les régions

Haarlem, 18/02/2016 (Agence Europe) - Les subventions auraient tendance à céder du terrain face aux instruments financiers, se sont inquiétés certains intervenants durant la conférence de haut niveau sur les obstacles aux financements dans le domaine de l'économie bleue, organisée par la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM) à Haarlem (Pays-Bas), jeudi 18 février.

À l'issue de plusieurs présentations sur les investissements européens dans le domaine de l'économie bleue, plusieurs interventions du côté de l'audience ont porté sur le changement de nature des aides financières européennes qui affecterait directement les projets dans le secteur de l'économie bleue. Une tendance que constate Pierre Karleskind, vice-président de la région Bretagne. La Commission européenne pousserait de plus en plus vers les instruments financiers, selon un des participants. Jonathan Wills, du Conseil régional des îles de Shetland, va même plus loin, pointant derrière cette tendance, d'une part, les politiques d'austérité et, d'autre part, « les activités criminelles des banques ».

Des assertions immédiatement rejetées par Wolfgang Streitenberger, conseiller auprès de la DG Politique régionale (DG REGIO) de la Commission européenne, pour qui le faible taux d'absorption de certains États membres constitue le véritable problème. À ses yeux, il est difficile de défendre un budget ambitieux devant le Parlement européen et le Conseil quand les fonds disponibles de la période antérieure n'ont pas été absorbés complètement.

Or, pour Patrick Brouns, responsable des affaires économiques pour la région de Groningen (Pays-Bas), il est nécessaire d'obtenir des subventions pour les projets particulièrement risqués, qui ne peuvent être financés par les banques. Selon lui, les subventions doivent soutenir les projets particulièrement risqués, mais aussi accélérer leur accès au marché, les instruments financiers venant par la suite combler les lacunes de financements, une fois les projets arrivés à maturité.

Un point que semble partager Giorgio Chiarion Casoni, chef d'unité au sein de la direction générale des Affaires économiques et financières (ECFIN), venu présenter le fonctionnement du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS). Selon lui, il ne faut pas opposer subventions et instruments financiers, ces deux leviers financiers étant complémentaires. « Le tout, c'est de les articuler efficacement », a-t-il conclu.

La question de l'accès au financement est particulièrement importante dans le domaine de l'économie maritime, où de nombreux secteurs à fort potentiel innovant émergent, tels que les hydroliennes, explique Damien Perissé, directeur des questions maritimes à la CRPM. Or, les technologies de rupture nécessitent des investissements de départ importants pour des retombées incertaines, ce qui est dissuasif pour les banques. Plusieurs intervenants ont ainsi pointé du doigt la frilosité dont peut faire preuve notamment la Banque européenne d'investissement (BEI).

Mario Aymerich, gestionnaire au sein de la BEI, considère au contraire que son institution vient combler le manque d'engagement des banques commerciales. L'évaluation des projets à la BEI se fait sur la base de trois critères: l'éligibilité, la faisabilité technique et économique et la viabilité financière. Aussi, la BEI prend en compte le contexte macroéconomique dans lequel s'inscrit le projet, a-t-il rappelé. Pour Giorgio Chiarion Casoni, c'est la viabilité structurelle des projets qui importe.

« Il faut améliorer l'articulation entre les fonds européens et les prêts, entre les subventions et les instruments financiers », explique Eleni Marianou, secrétaire générale de la CRPM, afin de répondre aux besoins des projets sur le terrain. Il est primordial, a-t-elle confié à EUROPE, de préserver les subventions à travers la politique de cohésion « car elles assurent un rôle unique en matière d'investissement et de soutien aux projets à risque ». (Pascal Hansens)

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