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Bulletin Quotidien Europe N° 11493
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ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) portugal

Lisbonne doit absolument conserver son accès au marché, selon M. Dijsselbloem

Bruxelles, 18/02/2016 (Agence Europe) - Le Portugal est conscient qu'il doit absolument conserver son accès au marché pour refinancer sa dette publique, a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, jeudi 18 février au Parlement européen.

Si l'on regarde les prévisions économiques d'hiver de la Commission européenne, « il y a des raisons d'être préoccupés », a reconnu M. Dijsselbloem. Tablant sur une croissance du PIB portugais de 1,6% en 2016 après 1,5% en 2015, la Commission est d'avis que le déficit public du Portugal demeurera au-delà du seuil de 3% du PIB cette année, devant être ramené de 4,2% à 3,4% (sans prise en compte des efforts budgétaires promis depuis). La dette devrait continuer de baisser graduellement, de 129,1% à 128,5% du PIB.

Le président de l'Eurogroupe a rappelé que la zone euro, comme la Commission, était d'avis que le projet de budget 2016 du Portugal comporte le risque de ne pas être en conformité avec le Pacte de stabilité et de croissance (EUROPE 11492). Notamment, ce projet de budget prévoit un effort budgétaire structurel (hors effet de la conjoncture) situé entre 0,1% et 0,2% du PIB, un effort éloigné du niveau requis de 0,6% par le Conseil de l'UE, mais pas suffisamment pour essuyer un rejet (EUROPE 11484).

Lisbonne s'est donc engagée à préparer à l'avance des mesures budgétaires à concrétiser lorsque cela sera nécessaire afin de se conformer aux règles budgétaires. « Ces mesures supplémentaires vont être mises en oeuvre car il existe un écart trop grand entre ce qui devait se faire et ce qui était prévu », a souligné le ministre néerlandais des Finances, pour qui de telles mesures seront appliquées « tout au long de l'année ».

C'est le prix à payer pour que le Portugal, qui a achevé mi-2014 son plan de sauvetage triennal sans faire appel à la solidarité ultérieure de la zone euro via une ligne de crédit préventive du Mécanisme européen de stabilité, conserve son autonomie financière. Les autorités portugaises sont conscientes que leur pays doit « absolument conserver son accès au marché » pour refinancer sa dette publique, a souligné M. Dijsselbloem.

Depuis début 2016, le taux sur la dette portugaise à 10 ans est passé de 2,5% à 3,6% avec un pic à 4% jeudi 11 février, jour de réunion de l'Eurogroupe qui s'est penché sur le projet de budget 2016 portugais. (Mathieu Bion)

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