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Bulletin Quotidien Europe N° 11486
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

La France a présenté ses idées sur la régulation des marchés du lait et de la viande porcine

Bruxelles, 09/02/2016 (Agence Europe) - Le ministre français de l'Agriculture a fait parvenir, lundi 8 février, à ses homologues européens un mémorandum contenant des pistes de régulation des marchés du lait et de la viande porcine (EUROPE 11485).

La France tente de faire bouger les lignes au niveau européen, dans la perspective du Conseil Agriculture du 15 février, à Bruxelles.

Marché du lait de vache

La France estime que des mesures conjoncturelles doivent être prises afin de répondre aux inquiétudes des marchés et des opérateurs. Il est essentiel que la Commission mette en oeuvre sans délai: - en complément de la reconduction de l'aide au stockage privé, un relèvement temporaire du prix d'intervention de plusieurs centimes par litre assorti d'un engagement sur les volumes produits ; - des mesures exceptionnelles de promotion tant sur le marché intérieur que vers les pays tiers ; - un véritable outil de crédit export européen. Le crédit export vise à favoriser les exportations en permettant aux entreprises exportatrices de proposer des solutions de financement à leurs clients étrangers et, donc, de conclure des ventes (les compétiteurs étrangers disposent tous de telles solutions pour l'ensemble de leurs entreprises exportatrices).

Des mesures structurelles sont également nécessaires et, pour cela, la France demande la mise en place d'un groupe de haut niveau sur le secteur laitier. Selon la France, pour que l'intervention joue pleinement son rôle de filet de sécurité, il convient d'envisager une révision pérenne des seuils de référence et des prix d'intervention (qui n'ont pas bougé depuis 2008), en tenant compte des parités de pouvoir d'achat entre les États membres.

Afin d'éviter les dérives d'une course à la production, des mécanismes innovants mériteraient d'être étudiés dans ce cadre: - des lignes directrices pour déterminer des mécanismes d'alerte précoce et de prévention des crises, définir différents niveaux de crise sur la base de critères et des indicateurs contenus dans l'observatoire européen et prévoir des outils permettant de soutenir les exploitations, les systèmes d'exploitation et les zones de production menacées par un fort déséquilibre de marché ; - un mécanisme d'aides européennes octroyées aux producteurs ayant volontairement réduit leur volume de production en période de baisse des prix (sur la base du modèle adopté par une coopérative néerlandaise).

Marché du porc

Face au déséquilibre persistant de l'offre et de la demande, les mesures d'aide au stockage privé n'ont eu que des effets limités et partiels et doivent être maintenues tant que les cours le nécessitent et que les mesures pour ouvrir de nouveaux débouchés n'ont pas produit leurs effets. Si cette mesure n'était pas retenue (la Commission a mis un terme récemment au stockage privé), une mesure de réduction du nombre de truies mises en production (pour l'ajuster aux capacités d'engraissement des éleveurs) pourrait avoir un effet équivalent d'allègement de l'offre.

Par ailleurs, la France souhaite une action diplomatique énergique de la Commission pour obtenir une levée de l'embargo sanitaire russe sur les gras et les abats porcins. La France demande aussi des actions « offensives et efficaces » pour ouvrir et pérenniser de nouveaux débouchés à l'exportation en travaillant tant sur les aspects tarifaires que sur les aspects non tarifaires. Au-delà des avancées nécessaires sur le marché russe, des avancées concrètes sont demandées concernant les barrières non tarifaires, en particulier sur les marchés chinois, américains, australiens et mexicains. Enfin, des mesures exceptionnelles de promotion d'ampleur doivent être mises en oeuvre au niveau européen.

La directive européenne sur les travailleurs détachés est évoquée. Le ministère français de l'Agriculture y travaille avec le ministère du Travail. Leur objectif: obtenir une révision de cette directive « afin de faire cesser le dumping social sur les coûts salariaux », explique le cabinet du ministre Le Foll.

Enfin, sur la traçabilité de la viande, Stéphane Le Foll espère encore convaincre les autres pays et la Commission de la nécessité d'introduire un étiquetage obligatoire de l'origine des viandes dans les plats préparés. En France, un décret sur l'origine des viandes (avec étiquetage volontaire des viandes fraîches et dans les plats préparés) sera déposé et notifié à la Commission. (Lionel Changeur)

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