Bruxelles, 09/02/2016 (Agence Europe) - La Commission a salué, lundi 8 février, les efforts entrepris fin 2015 par la nouvelle administration en place en Argentine, dirigée par le nouveau président Mauricio Macri, pour résilier ou réduire l'impact de plusieurs mesures commerciales aux effets négatifs sur le commerce et qui étaient dénoncées de longue date par l'UE, à savoir: un système de déclarations préalable des importateurs de biens, plusieurs taxes à l'exportation de produits agricoles et manufacturés, une taxe de luxe pour les véhicules, les motos et les bateaux, et des restrictions à l'accès aux devises étrangères.
Suite au verdict de l'organe de règlement des différends de l'OMC dans le cadre d'une plainte initiée par l'UE, les États-Unis et le Japon (EUROPE 11139), l'Argentine a abandonné, en décembre 2015, son système de déclaration préalable pour les importations de marchandises. Toutefois, ce système reste en place pour les services, précise la Commission, dans une note d'information. En outre, le système de déclaration préalable pour les marchandises a été remplacé par l'introduction d'un nouveau système de surveillance des importations et de licences d'importations de produits - automatiques pour la majorité d'entre eux et non automatiques pour près de 1 500 lignes tarifaires. L'UE restera sur le qui-vive pour s'assurer que ces nouvelles mesures ne deviennent pas des mesures restrictives, assure la Commission.
Buenos Aires a aussi adopté, en décembre 2015, deux décrets (133/2015 et 160/2015) qui ont révisé presque toutes les taxes à l'exportation et éliminé ou réduit les taxes à l'exportation de produits agricoles et industriels. « Ces taxes à l'exportation étaient un problème de longue date pour l'UE pour un accès sûr aux matière premières. Ce changement de politique de la nouvelle administration argentine est donc un signal positif vers la mise en place d'une économie plus libéralisée », se félicite la Commission. Les principales exceptions à cette révision sont le soja, pour lequel le taux a été réduit de 5 points de pourcentage, à 30%, et les sous-produits du soja, pour lesquels le taux a été réduit à 27%.
À travers le décret 11/2016 adopté en janvier dernier, l'Argentine a modifié sa taxe de luxe sur les véhicules, les motos et les bateaux pour les six premiers mois de 2016. Une taxe discriminatoire à l'égard des produits importés qui, selon la Commission, a été responsable d'une forte réduction des ventes des producteurs européens de ces produits au second semestre 2015. Les nouveaux taux des taxes de 10% et 20%, selon des segments de prix de vente, sur les véhicules à prix plus élevés, sont appliqués « sur une base apparemment non discriminatoire », bien que les véhicules importés ont tendance à être plus chers et peuvent en fait tomber plus souvent dans la catégorie de 20% que leurs concurrents locaux, souligne toutefois la Commission.
Enfin, l'Argentine a levé ses restrictions à l'accès aux devises étrangères. La levée de la plupart des contrôles de change pour permettre au peso de s'échanger librement sur les marchés est l'une des premières mesures prises par l'administration Macri à la mi-décembre 2015. Le peso s'est immédiatement dévalué de 30% par rapport au taux du marché parallèle. Les opérateurs sont désormais libres de transférer leurs fonds et payer leurs importations (ainsi que la dette accumulée des importations passées qui n'auraient pas encore été payées). Ceci permet d'accroître les entrées de devises et d'investissements, contribue à renforcer les réserves et permet aux importateurs de payer les fournisseurs sans retard, explique la Commission.
« Nous encourageons l'Argentine à libéraliser davantage sa politique commerciale pour s'intégrer davantage dans les échanges internationaux, pour renforcer la confiance entre les opérateurs économiques et attirer de nouveaux investissements », conclut la Commission. (Emmanuel Hagry)