Bruxelles, 09/02/2016 (Agence Europe) - Le commissaire européen à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, a appelé, lundi 8 février, la République de Moldavie à accélérer la mise en oeuvre de ses réformes pour sortir de la crise politique.
« La mise en oeuvre de réformes doit accélérer », a-t-il expliqué à l'issue de sa rencontre, à Bruxelles, avec le ministre moldave des Affaires étrangères, Andrei Galbur. Ce dernier a expliqué être conscient qu'il y avait beaucoup à faire pour regagner la confiance et de la crédibilité auprès des citoyens moldaves et des partenaires du pays. Selon lui, son gouvernement est « fortement engagé » et « déterminé » à reprendre l'agenda de réformes.
Pour aider à accélérer ce mouvement, M. Hahn et M. Galbur se sont mis d'accord pour amender la feuille de route des réformes, pour qu'y soient rajoutés des délais concrets pour réaliser telle ou telle mesure. Cette feuille de route est « claire », « elle doit se concentrer sur des échéances et un calendrier spécifiques des actions à mettre en place », a expliqué M. Galbur. Selon lui, le travail va commencer « immédiatement », en coordination avec l'UE. Le ministre des Affaires étrangères a jugé que les priorités devaient porter sur la réforme des secteurs bancaire et judiciaire, la lutte contre la corruption et l'enquête sur la fraude bancaire. La Banque centrale de Moldavie a annoncé, en avril 2015, avoir découvert que 927 millions d'euros avaient disparu des banques moldaves.
M. Hahn a rappelé qu'il était important d'avoir une situation politique stable permettant la poursuite du développement du pays. Le pays connaît une crise politique depuis plus d'un an, alors que le nouveau Premier ministre, Pavel Philip, élu le 20 janvier, est le cinquième que connaît le pays depuis début 2015.
Le commissaire et le ministre des Affaires étrangères ont aussi souhaité que le Fonds monétaire international (FMI) puisse « très prochainement » se rendre en Moldavie pour faire les vérifications et évaluations nécessaires. Si son rapport est positif, l'UE pourra alors reprendre ses paiements de l'aide macro-financière, actuellement suspendus. « Nous sommes déterminés à maintenir l'aide financière au niveau atteint dans le passé et cela devrait toujours être le cas dans l'avenir, à condition que les conditions politiques, financières et macro-financières soient en place », a ajouté M. Hahn, précisant que cela devait être assuré par le gouvernement et attesté par le FMI.
Le commissaire européen a aussi annoncé la visite à Chisinau d'une délégation de hauts fonctionnaires de la Commission pour préparer le Conseil d'association prévu pour la mi-mars. (Camille-Cerise Gessant)