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Bulletin Quotidien Europe N° 11486
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

La situation migratoire en Grèce et en Turquie à nouveau sous la loupe de la Commission

Bruxelles, 09/02/2016 (Agence Europe) - La Commission européenne fera le point, mercredi 10 février lors de la réunion hebdomadaire du collège des commissaires, sur la situation migratoire dans l'UE et se penchera plus spécifiquement sur une série de recommandations à la Grèce et sur l'état d'avancement du plan d'action UE/Turquie qui fera également l'objet d'un rapport.

La Commission présentera par ailleurs une série de documents sur la situation en Italie, en Autriche ou dans les Balkans occidentaux et dressera sur tous ces sujets des rapports de progrès, par exemple sur l'enregistrement des migrants en Grèce et en Italie via le règlement Eurodac et plus généralement sur le respect des règles en matière d'asile dites de Dublin, a expliqué mardi 9 février une source européenne.

Sur la Grèce qui s'est engagée à finaliser ses centres d'accueil et d'enregistrement ('hotspots') des migrants d'ici au 15 février, la Commission avait adopté, début février, un rapport intérimaire d'évaluation constatant de sérieuses défaillances dans la gestion des frontières extérieures (EUROPE 11481). Elle reviendra, ce mercredi, sur ce rapport rédigé au titre du mécanisme d'évaluation de l'espace 'Schengen' de libre circulation des personnes sur la base d'une inspection sur le terrain réalisée en novembre dernier. De ce rapport découlent des recommandations pour améliorer la situation sur place comme l'enregistrement des migrants. Ces recommandations seront également discutées par les ambassadeurs des États membres auprès de l'UE (Coreper) en vue d'une adoption sans débat lors du Conseil Ecofin, ont expliqué deux sources.

À partir de là, la Grèce aurait trois mois pour remédier aux défaillances observées et éviter que les ministres de l'Intérieur de l'UE ne décident, en mai en théorie, d'activer l'article 26 du Code frontières Schengen qui permet des contrôles aux frontières intérieures de Schengen jusqu'à deux ans. Mais, mercredi midi, la Commission discutera également d'un autre processus s'inscrivant dans la foulée du Mécanisme d'évaluation Schengen, à savoir « des recommandations au titre de l'article 19 », a expliqué une source de la Commission. Ces recommandations au titre de l'article 19 constituent le prolongement opérationnel des recommandations définies au titre du mécanisme d'évaluation Schengen.

Cette procédure bureaucratique « revient à la même chose », résume une autre source, à savoir préparer le terrain légal pour les États membres leur permettant en mai de décider s'il convient de demander ou non l'activation de l'article 26.

C'est ainsi de manière moins procédurale que les ambassadeurs permanents des Vingt-huit évoqueront, mercredi, la situation de la Grèce où « les choses n'ont pas tellement progressé », poursuit cette dernière source, les flux de migrants arrivant dans l'UE restant importants. Selon l'Organisation internationale des migrations, plus de 76 000 migrants sont entrés dans l'UE sur les six premières semaines de 2016.

Turquie. Sur la Turquie, un rapport de progrès sur le plan d'action 'migration' négocié en novembre entre l'UE et Ankara sera aussi publié mercredi (EUROPE 11440).

Les discussions auront également lieu, jeudi dans le cadre de la réunion ministérielle de l'OTAN, après que la chancelière allemande, Angela Merkel, a évoqué l'implication possible de l'Organisation dans des patrouilles entre la Grèce et la Turquie pour lutter contre les réseaux de passeurs (EUROPE 11485). Cette idée a été diversement accueillie par les partenaires de Berlin. La France l'a accueillie avec un certain embarras. Elle se demande en quoi de telles patrouilles en mer seraient différentes de l'opération Mare Nostrum, expérience que personne ne souhaite renouveler. (Solenn Paulic et Mathieu Bion)

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