Bruxelles, 21/12/2015 (Agence Europe) - L'annonce faite par la Fédération de Russie que l'embargo sur les produits alimentaires allait être étendu à l'Ukraine a mis définitivement un terme, lundi 21 décembre, aux négociations trilatérales engagées par la Commission européenne, Kiev et Moscou concernant l'application de l'accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne, lequel doit entrer en vigueur le 1er janvier 2016.
Alors que se tenait à Bruxelles une réunion entre la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavlo Klimkine, et le ministre russe du Développement économique, Alexeï Oulioukaïev, le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a confirmé, depuis Moscou, que la Russie étendrait à l'Ukraine, à partir du 1er janvier 2016, l'embargo sur les produits alimentaires déjà imposé aux pays occidentaux. Cette annonce est intervenue quelques heures après que l'UE a décidé formellement de proroger ses sanctions à l'encontre de la Russie (voir autre nouvelle).
Suite à cette nouvelle décision russe, il n'y aura plus de réunion dans ce format, a déclaré Mme Malmström, lors d'une conférence de presse improvisée, lundi. Elle a regretté que 18 mois de négociations trilatérales, qui se sont traduites par 22 réunions, dont 15 au niveau ministériel, aient conduit à un tel résultat. Nous étions attentifs aux préoccupations russes, certaines étant « réalistes » et d'autres non, a-t-elle assuré. Mais, au final, même si nous étions proches d'un accord, c'est le côté russe qui a conduit à l'échec, en ne se montrant pas flexible, a-t-elle affirmé, et en ajoutant, ensuite, qu'avec un peu de volonté, « nous y serions arrivés ».
Ces négociations avaient déjà été rendues difficiles par le décret du président russe, Vladimir Poutine, soumettant les marchandises en provenance du territoire ukrainien à des droits de douane à la frontière à compter du 1er janvier 2016 (EUROPE 11456). Cela m'a « profondément surpris », a confié la commissaire. L'UE a pourtant décidé de continuer les efforts, en offrant la garantie d'une poursuite des négociations trilatérales au-delà de l'entrée en vigueur de l'accord d'association si les autorités russes revenaient sur cette décision.
Selon la Commission, plusieurs « solutions pratiques » ont été également mises sur la table pour répondre aux inquiétudes russes « dans les trois principaux domaines des négociations, à savoir les obstacles techniques au commerce (OTC), les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) et la coopération douanière ». Certaines demandes russes étaient toutefois « inacceptables », surtout celles relatives à la conclusion d'un accord juridiquement contraignant qui amenderait l'accord d'association entre l'Ukraine et l'UE, a souligné Mme Malmström. (Jan Kordys)