Bruxelles, 06/11/2015 (Agence Europe) - Très attendue, la position des ministres des Finances de l'UE pour la conférence climatique onusienne de Paris (COP 21, 30 novembre, 11 décembre) sera finalisée mardi 10 novembre à Bruxelles, lors de la réunion du Conseil Affaires économiques et financières.
Cette réunion des ministres des Finances de l'UE coïncidera avec la fin de la 'Pré-COP', soit la dernière réunion ministérielle informelle de négociations internationales avant la COP21 accueillie du 8 au 10 novembre à Paris (EUROPE 11421).
Les conclusions escomptées du Conseil ECOFIN ont vocation à compléter le mandat de négociation de l'UE pour la COP 21, tel qu'arrêté par le Conseil Environnement le 18 septembre dernier pour tous les volets du futur accord exception faite du volet financier (EUROPE 11392 et EUROPE 11365). Or l'argent sera le nerf de la guerre contre les changements climatiques et un élément déterminant pour l'obtention d'un accord à Paris, tous le répètent à l'envi. Le Conseil le soulignera aussi.
Les ministres devraient confirmer l'engagement de l'UE à assumer sa juste part dans les 100 milliards de dollars par an promis par les pays riches à l'horizon 2020 pour soutenir les efforts d'adaptation et d'atténuation des pays en développement. Ils l'avaient déjà fait en septembre dernier lors de leur réunion informelle.
Le projet de conclusions qui sera soumis à l'examen des ministres rappelle que l'UE a fourni 14,5 milliards d'euros en 2014 de financement climatique, soit plus que l'année précédente. Mais le Conseil s'abstiendra de donner une estimation des contributions pour 2015. Le chiffre de 13,6 milliards d'euros, initialement mentionné à titre indicatif, a été biffé du texte, de peur qu'il n'adresse au monde entier un signal négatif. Certes, quelques États membres (Belgique, Roumanie, Croatie, Pologne, Grèce) n'ont pas encore communiqué leurs chiffres, mais leurs contributions ne devraient pas permettre à l'UE de faire mieux qu'en 2014. « 2014 fut une année exceptionnelle et la méthodologie utilisée par la Commission pour comptabiliser ces contributions n'est pas la même pour 2014 et 2015 », a expliqué un expert à EUROPE.
Le Conseil devrait souligner que l'UE et ses États membres ont annoncé l'augmentation de leurs contributions en fonds publics et privés pour les années à venir et reconnaître que les financements privés doivent compléter et non se substituer aux fonds publics, ce qui est nature à rassurer les pays en développement. Il devrait souligner aussi que le rôle des politiques et mesures publiques est de réorienter et de mobiliser des sources de financement privé comme la tarification du carbone- un instrument essentiel - les bonds verts et les partenariats public/privé. Le Conseil saluera la déclaration et la méthodologie conjointes présentées le 6 septembre dernier par les pays donateurs pour assurer le suivi des fonds privés mobilisés.
Dans le projet de conclusions, le Conseil propose que les dispositions relatives au financement climatique dans le futur accord de Paris soient « dynamiques », comme le sera l'accord lui-même, afin de permettre aux différentes parties d'adapter leur approche aux besoins futurs et à l'évolution des réalités économiques, fiscales et environnementales, en fonction des capacités et responsabilités de chacun.
Le Conseil saluera le montant de 62 milliards de dollars déjà mobilisés par les pays développés en 2014 et dévoilé par l'OCDE à Lima (EUROPE 11408). (Aminata Niang)