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Bulletin Quotidien Europe N° 11393
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ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) grÈce

Pas de temps à perdre, dit la Commission au lendemain des élections

Bruxelles, 21/09/2015 (Agence Europe) - Le gouvernement grec a « beaucoup de travail et pas de temps à perdre ». Tel a été le conseil amical prodigué lundi 21 septembre par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dans ses félicitations écrites adressées à Alexis Tsipras, reconduit au pouvoir la veille par les électeurs grecs.

M. Tsipras devait prêter serment lundi soir, suivi de son gouvernement mardi. Il a d'ores et déjà annoncé son intention de former à nouveau une coalition avec les Grecs Indépendants. Ces deux partis disposeront d'une majorité de 155 députés sur 300 (145 pour Syriza et 10 pour les Grecs Indépendants) au Parlement national, contre 162 dans le précédent gouvernement (respectivement 149 et 13). La majorité gouvernementale sera donc un peu plus serrée, mais les dissidents de Syriza, regroupés depuis août sous la bannière d'une nouvelle formation appelée Unité Populaire, ne siégeront pas au Parlement national. Ce nouveau parti n'a, en effet, pas atteint le seuil de 3% pour y rentrer. Car les sondages, comme pour le référendum de juillet, étaient à nouveau loin du compte. S'ils donnaient Syriza et la Nouvelle Démocratie au coude à coude, le premier a finalement eu sept points d'avance sur son adversaire (environ 35,5% contre 28,1%). L'abstention a, quant à elle, été massive, seul un électeur sur deux s'étant rendu aux urnes.

Pour la Commission européenne, le porte-parole Margaritis Schinas s'est dit « encouragé par l'ample représentation au parlement national des partis politiques pro-européens qui défendent le besoin d'une Europe forte au sein de la zone euro ».

Pour Cinzia Alcidi et Daniel Gros, du think tank CEPS, le fait qu'Alexis Tsipras ait décidé de s'allier à nouveau avec les Grecs Indépendants n'est pas un bon signe, mais cela devrait marcher. Le parti Nouvelle Démocratie avait toutefois multiplié les appels du pied pour une grande coalition. L'ancien ministre des Finances d'Alexis Tsipras (il pourrait être reconduit), Euclid Tsakalotos, avait expliqué samedi ne pas voir comment pouvoir faire changer la vie publique et lutter contre l'évasion fiscale en s'alliant à « des partis qui ont construit leur pouvoir politique sur le clientélisme ».

Pour Hari Tsoukas, de la Warwick Business School et candidat aux dernières élections pour le parti To Potami, M. Tsipras va être appelé à mettre en oeuvre des mesures d'austérité difficiles et des réformes structurelles auxquelles, il l'a reconnu, il ne croit pas. À l'écoute de son discours à l'issue des élections, M. Tsoukas a noté que la narrative de M. Tsipras demeurait divisée, notamment lorsqu'il évoque la « résistance » face aux « créanciers néo-libéraux ».

Du côté de l'eurozone, l'heure est toutefois, et l'a été depuis l'annonce des élections, à la sérénité. Le président du groupe de l'euro au Conseil ('euro working group'), Thomas Wieser, a déclaré dans une interview à Bloomberg lundi matin qu'il pensait que la coalition grecque serait « raisonnablement stable ». Notant qu'après le Sommet de la zone euro de juillet Alexis Tsipras avait accepté le 3ème plan grec, M. Wieser a dit s'attendre à « une forte mise en oeuvre du programme après une formation raisonnablement rapide du gouvernement ».

Un ambassadeur de l'UE a, par ailleurs, estimé lundi que l'opposition pourrait difficilement être en mesure de contester les mesures à prendre.

La 1ère mission de suivi des institutions sur place (Commission, BCE, FMI, MES) commencera en octobre, a précisé M. Wieser, alors que la Commission avait refusé plus tôt dans la journée de s'avancer sur un calendrier précis.

En août, une première tranche d'aide de 26 milliards d'euros du MES avait été dégagée, dont 23 milliards ont déjà été décaissés. Il reste donc trois milliards disponibles qui seront liés à deux listes d'actions préalables à mettre en oeuvre dans les deux prochains mois, selon M. Wieser. C'est sur cela qu'il faudra en priorité se mettre d'accord avec le nouveau gouvernement grec. La liste d'actions préalables « sera la première discussion à avoir avec le nouveau gouvernement », a confirmé une autre source des institutions.

« Dès lundi, nous nous retroussons les manches pour travailler dur », a d'ailleurs déclaré Alexis Tsipras, dimanche soir. (Elodie Lamer)

 

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