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Bulletin Quotidien Europe N° 11393
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

Beaucoup reste à faire pour consolider le cessez-le-feu, selon l'OSCE

Bruxelles, 21/09/2015 (Agence Europe) - Le chef adjoint de la mission spéciale de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en Ukraine, Alexander Hug, a souligné, jeudi 17 septembre, à EUROPE que le cessez-le-feu mis en place depuis le 1er septembre était respecté « dans une large mesure », mais qu'il était violé de manière quotidienne, principalement avec des armes légères et des mortiers de petit calibre, surtout du côté de Donetsk. M. Hug a ainsi appelé au retrait effectif des armes. (Propos recueillis par Camille-Cerise Gessant)

Agence Europe: Le nouveau cessez-le-feu, en place depuis le 1er septembre, est-il respecté ou encore violé?

Alexander Hug - Le cessez-le-feu devait être en place depuis le mois de février. Un rappel de cet engagement a été émis par le Groupe de contact trilatéral et est, depuis le 1er septembre, tenu dans une large mesure. Cependant, il y a encore des violations de manière quotidienne, principalement avec des armes légères et des mortiers de petit calibre et surtout sur le site de Donetsk. Et quand il y a ces violations, c'est principalement à ou autour de l'aéroport de Donetsk. Il y a des jours où il y a (aussi) plusieurs violations sur le site de Lougansk.

Nous avons vu un pic des violations les 15 et 16 août. Depuis et jusqu'à la première semaine de septembre incluse, le nombre de violations a baissé. Il augmente maintenant légèrement. Mais cette augmentation ne se fait pas avec l'emploi d'armes lourdes, mais de plus petit calibre. Ce n'est pas (non plus) une augmentation spectaculaire. Il est trop tôt pour dire s'il s'agit d'une tendance, ou tout simplement d'un nouveau pic sporadique. Mais ce n'est rien comparé à ce que c'était il y a un mois.

Les parties ont une capacité évidente à contrôler le cessez-le-feu, ce qui est très important. Mais cela signifie aussi que, si elles peuvent éteindre le feu, elles sont en mesure de le rallumer. Elles doivent faire tout ce qu'elles peuvent pour éviter cela.

Le retrait des armes est-il effectif ?

Les armes qui ont été employées lors de tirs nourris à la mi-août sont toujours sur la ligne de contact. Nous avons vu quelques mouvements, mais pas de retraits, le long et à l'extérieur de la ligne de contact. Nous continuons également de voir des armes disparaître des zones derrière la ligne de contact sans aucune explication possible.

Il y a encore des armes, des armes lourdes. Les parties se sont déjà mis d'accord pour les retirer. Les chars ou les armes de plus petit calibre doivent également être retirés. À l'heure actuelle, la mission (de l'OSCE) fonctionne comme le coordinateur du groupe de travail sur la sécurité du groupe de contact trilatéral afin de rédiger avec les partis un plan pour retirer les chars et les armes de plus petit calibre. Il y a encore beaucoup d'équipements le long de la ligne de contact, ce qui signifie que le conflit peut ou pourrait à nouveau éclater à tout moment, si ces équipements ne sont pas retirés.

Le cessez-le-feu est l'objectif premier du paquet de Minsk, le second étant le retrait des armes. Les parties doivent travailler et s'investir dans le retrait de toutes les armes et vérifier qu'elles ont été non seulement éloignées, mais qu'elles restent en retrait.

Lorsque le président ukrainien, Petro Porochenko, est venu à Bruxelles, le 27 août, il a déclaré que le gouvernement ukrainien faisait tout ce qui est lié à l'accord de Minsk. Est-ce vrai?

Le gouvernement ukrainien a pris des mesures pour remplir ses obligations de l'accord. Et l'une de ces mesures est le contrôle de ses troupes à la ligne de contact, ce qui est très important. Mais maintenant, le gouvernement doit, ainsi que les rebelles, mettre en oeuvre totalement les autres mesures.

La situation dans l'est de l'Ukraine s'améliore-t-elle ?

Nous ne devons pas maintenant être naïfs et croire que le calme relatif à la ligne de contact signifie la fin du conflit. Il reste encore beaucoup à faire pour consolider le calme ou le cessez-le-feu que nous avons. Retirer les armes, démanteler les points de contrôle, permettre aux civils de traverser les ponts, procéder au déminage des zones, supprimer, en termes généraux, la logique militaire de cette ligne de contact et la remplacer par une logique civile afin que les gens puissent retourner à leur vie normale.

C'est important en raison de l'hiver qui arrive, car il y a beaucoup d'inquiétudes parmi la population civile dans les zones où il n'y a pas suffisamment de services mis à sa disposition, dont l'approvisionnement en gaz et électricité. La population est fatiguée du conflit, elle veut que cela se termine. Les parties doivent maintenant mettre en oeuvre toutes les mesures auxquelles elles se sont engagées pour faire en sorte que le cessez-le-feu permette aux civils de retourner dans leur foyer.

Fin juin, vous aviez dit que le travail de la mission de l'OSCE sur le terrain était vraiment compliqué et qu'il ne lui était pas possible d'accéder à une certaine partie du territoire. Est-on encore dans la même situation (EUROPE 11343)?

C'est encore difficile, mais en parralèle de la réduction des combats, le nombre d'incidents contre nous a diminué. Nous sommes encore arrêtés à des check-points, principalement dans la zone rebelle. Ce n'est presque pas le cas dans la région contrôlée par le gouvernement. Nous sommes soit retardés dans nos mouvements, ceux-ci étant conditionnés par une escorte ou parce que nous sommes obligés de prendre une certaine direction, soit on nous empêche carrément de nous rendre dans la zone.

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